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Matières premières Des marchés à terme parisiens de plus en plus utilisés et adaptés

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L’utilisation des contrats à terme, sur le marché parisien organisé par Nyse Euronext, a fortement progressé en 2011. C’est ce qu’ont indiqué les responsables de la plateforme d’échange lors d’une conférence de presse le 23 novembre à Paris. La couverture des risques de prix par le marché à terme semble se démocratiser, et les contrats s’adaptent aux demandent des opérateurs.

«A la fin octobre 2011, le nombre de contrats blé meunier traités sur Euronext est supérieur au nombre de contrats traités sur l’ensemble de l’année 2010 », a indiqué Lionel Porte, chef de produits sur le Liffe (marché à terme des matières premières agricoles) chez Nyse Euronext, lors d’une conférence de presse à Paris le 23 novembre. Ce sont donc 4,972 millions de contrats futurs blé qui ont été traités sur Euronext à la fin du mois d’octobre 2011, contre 3,539 millions à la même date en 2010, soit une hausse de 40%, et 4,374 millions sur tout 2010. « Le contrat blé meunier coté sur Nyse Euronext à Paris a même dépassé, en nombre de lots traités, le contrat cacao traité à Londres », s’est réjouit Lionel Porte.

Les opérateurs souhaitent se couvrir d’avantage face au risque de prix
Si le nombre de lots traités sur le marché à terme du blé a progressé, c’est l’ensemble des produits sous forme de contrats futurs ou d’options qui a gagné en utilisation en 2011. Après un an et demi d’existence, le marché de l’orge de brasserie sur le Liffe a décollé. Concernant les contrats futurs, 22 034 lots d’orge de brasserie ont été traité en 2011 à fin octobre, contre 4 684 de date à date en 2010, soit une progression de 370%. Cependant, Lionel Porte a fait remarquer que ce marché partait de loin. Selon lui, « l’amont et l’aval de la filière brassicole se mettent à utiliser de plus en plus ce marché ». Concernant le contrat à terme sur la poudre de lait, lui aussi réclamé par les utilisateurs, son utilisation a du mal à se démocratiser. Pour Nicholas Kennedy, responsable matières premières chez NYSE Euronext, « le recours aux contrats poudre de lait est encore faible en France car le secteur laitier est très intégré. En revanche, il a, et aura, un intérêt au niveau européen, notamment après la fin des quotas laitiers en 2015 ».

Vers un allongement des durées de couverture
Toujours pour répondre aux demandes des opérateurs commerciaux, les contrats sur le Liffe vont évoluer. La modification majeure concernera la durée des contrats sur les céréales cotés à Paris. Ainsi, les opérateurs auront « bientôt » – car aucune date n’a été précisée – la possibilité de se couvrir sur trois ans, contre deux aujourd’hui. Les contrats sur le blé meunier, l’orge de brasserie et le maïs seront concernés. De plus, il est question de supprimer l’échéance août. « Certains opérateurs se sont retrouvés coincés sur cette échéance, sans contrepartie à l’achat ou à la vente, car la plupart d’entre eux se positionnent directement sur l’échéance novembre. Les utilisateurs manquant souvent de liquidités au mois d’août », a expliqué Nicholas Kennedy. Cet allongement des durées de couverture devrait permettre de marquer des prix sur des matières premières agricoles à trois ans. Un gage de visibilité prix qui permettra aux opérateurs sur les marchés agricoles de prévoir leurs coûts d’approvisionnement ou de vente sur trois campagnes.

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