L’Afssa a confirmé le 5 juillet la présence du virus H5N1 hautement pathogène sur les trois cygnes trouvés morts en Moselle. L’apparition en France, pour la première fois en 2007, du virus de la grippe aviaire fait passer le niveau de risque au stade « élevé ». Des mesures de protection des élevages doivent être mises en œuvre, particulièrement dans 98 zones humides à risque.
Le virus H5N1 est de retour en France. Le laboratoire national de référence de l’Afssa (Agence française de sécurité sanitaire des aliments) a confirmé la responsabilité du virus dans la mort, il y a un peu plus d’une semaine, de trois cygnes sur un étang de la commune d’Assenoncourt, en Moselle. La présence du virus H5N1 sur le territoire fait passer le niveau de risque « modéré » à un niveau « élevé », conduisant à la mise en place de mesures de prévention destinées à éviter tout contact entre les volailles et les oiseaux sauvages.
Visite vétérinaire obligatoire
Les mesures à respecter dans tous les élevages de l’Hexagone sont les suivantes. Pour les volailles et autres oiseaux : obligation de confinement ou de protection par des filets ou, à défaut, respect du guide de bonnes pratiques (système d’effarouchement des oiseaux sauvages, limitation des parcours en plein air, horaires de sortie des volailles…). Pour les oiseaux hébergés en basses-cours (moins de 100 oiseaux) : mesure de confinement obligatoire ou protection par des filets. Dans tous les cas de figure, une visite vétérinaire est obligatoire. Cette visite vétérinaire devra même être mensuelle pour les éleveurs situés dans une des 98 zones humides « à risque » Ces zones à risque ont été déterminées par l’ONCFS, l’Office national de la chasse et de la faune sauvage. Quelques 5567 communes sont concernées. et qui ont opté pour le guide de bonnes pratiques comme méthode de protection. Les zones humides concernées sont naturellement riches en avifaune sauvage. Les contacts avec les animaux d’élevage peuvent y être plus fréquents.
En outre, les rassemblements d’oiseaux sont interdits sur l’ensemble du territoire et l’utilisation des appelants pour la chasse au gibier d’eau est prohibée.
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« Grâce à ces mesures, nous avons pu éviter (l’an dernier, ndlr) une contamination, une extension de cette crise. Je pense qu’avec les mêmes mesures de précaution et de prévention, nous obtiendrons les mêmes résultats », a commenté le ministre de l’Agriculture Michel Barnier le 5 juillet. En 2006, la France avait connu plusieurs cas de H5N1 dans la faune sauvage et dans un élevage de dindes à Versailleux (Ain).
Evoquant la situation actuelle, la ministre de la Santé Roselyne Bachelot a tenu un discours rassurant en expliquant sur la chaîne de télévision LCI que la France n’était « pas menacée par une pandémie de grippe aviaire, puisqu’il n’y a pas de contamination interhumaine, pour l’instant, avec le virus H5N1 ».
Nouveaux cas confirmés en Allemagne
Dans le même temps, les cas continuent de se déclarer en Europe. En Allemagne, le H5N1 a été confirmé le 3 juillet sur un oiseau près d’Erfurt, dans le Land de Thüringe (centre). En Autriche, une suspicion de grippe aviaire hautement pathogène a été annoncée dans le district de Gmunden (Haute-Autriche), basée sur les signes cliniques concernant plusieurs oiseaux sauvages. Ces derniers cas sont enregistrés après la confirmation, en quinze jours, de la présence du virus H5N1 dans deux élevages de volailles et sur un cygne en République tchèque ainsi que sur des oiseaux morts en Allemagne, dans les Land de Bavière (sud) et de Saxe (est).