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Volaille/Crise Des mesures de soutien à la filière avicole

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Le ministre délégué à l’Agroalimentaire, Guillaume Garot, a assuré lundi 10 décembre à Châteaulin, dans le Finistère, que le gouvernement allait présenter début 2013 « des mesures pour soutenir la filière avicole française » en perte de vitesse. « Nous y travaillons avec l’ensemble de la profession de telle sorte qu’à la fin de l’hiver nous puissions présenter les premières mesures pour soutenir la filière avicole française ». Guillaume Garot a par ailleurs visité à Châteaulin l’usine de poulets surgelés du groupe Doux, en redressement judiciaire. Charles Doux, p.-d.g. de l’entreprise, y a vu, selon un communiqué « l’intérêt de l’Etat pour l’ensemble de la filière avicole française… et une marque de la confiance de tous dans le travail effectué par toutes nos équipes pour remettre le groupe Doux en ordre de marche, sur la voie de ce que l’on peut appeler le redressement productif ». « Le secteur agroalimentaire connaît des difficultés, mais l’Etat n’abandonnera personne » a assuré Guillaume Garot. Il n’a pas écarté la possibilité d’un coup de pouce de l’Etat à travers la future banque d’investissement. Il a également évoqué le dossier des restitutions européennes, indispensables à Doux pour exporter son poulet congelé, ne cachant pas que les négociations avec Bruxelles s’annonçaient difficiles et que ce système d’aides n’était pas garanti « ad vitam aeternam ».

Encore 81 emplois supprimés chez Doux

Le ministre a également rencontré, lors de sa visite, des représentants des salariés du volailler breton. Ceux-ci l’ont interpellé sur les licenciements supplémentaires annoncés. Ils ont répété qu’ils s’y attendaient mais ne voyaient pas de « caractère urgent, indispensable et inévitable à licencier tous ces gens », au moment où le groupe vient de faire valoir sa « profitabilité » devant le tribunal de commerce de Quimper. Les syndicats font également remarquer que des CDD pourraient même être recrutés dans les semaines à venir, en raison de la reprise de l’activité. Lors de la visite du ministre, 89 licenciements étaient prévus, chiffre ramené ce jour à 81 (22 postes devant être supprimés sur le site Père Dodu de Quimper et non plus 30 comme initialement annoncé, sur 230 emplois). D’autres annonces de ce type pourraient intervenir sur d’autres usines, les négociations se poursuivant site par site et non plus au sein de l’UES. Le ministre a déclaré « rester vigilant pour sauver encore le maximum d’emplois et que Doux retrouve une activité viable ». Il n’a toutefois pas totalement convaincu. « On a déjà subi plus de 900 licenciements en septembre, maintenant on voit encore près de 100 s’y ajouter alors que d’autres solutions auraient pu être envisagées », nous a déclaré Jean Luc Guillart délégué CFDT de Père Dodu. Le ministre a également rencontré, à la préfecture, une délégation de salariés de l’entreprise Boutet-Nicolas, qui envisage la fermeture de deux sites (une unité de production de conserves en 2014 et une plate-forme d’étiquetage, fin 2013, soit 142 emplois). Guillaume Garot a assuré rencontrer prochainement les dirigeants de la Cecab, maison mère, pour faire le point sur l’évolution du dossier.

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