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RÉSULTATS/GÉNÉRALISTES Des performances trimestrielles contrastés pour Danone, Nestlé et Unilever

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L'heure est à la publication des chiffres d'affaires pour le troisième trimestre de l'exercice 2015 pour les entreprises cotées. Unilever, Neslté puis Danone ont tour à tour publié les leurs et donné leurs objectifs pour l'ensemble de l'exercice, diversement apprécié en Bourse.

Au troisième trimestre, le chiffre d'affaires de Danone a augmenté de 4,2% (+4,6 % en données comparables) à 5,6 milliards d'euros. L'Europe, « avec une croissance de 5,1% en comparables (6,1% en données publiées), affiche sa plus forte croissance depuis 2009 », avec des ventes de 2,3 milliards, a notamment assuré la directrice financière Cécile Cabanis lors d'une conférence avec les analystes. Des chiffres trimestriels plutôt meilleurs que ceux attendus par ces derniers, qui ont donc été bien accueilli sur le marché. « Les bonnes nouvelles sont que les produits laitiers frais (PLF) sont revenus en territoire positif et que la plupart de l'effet négatif lié à la rationalisation du portefeuille en Europe a disparu au troisième trimestre », a commenté la banque d'affaires Bryan Garnier dans une note. Les PLF affichent une hausse de 0,6 % (données comparables) au troisième trimestre, après un recul de 1,1 % au deuxième trimestre. La division Nutrition infantile a vu ses ventes augmenter de 12,3% (10,9% en données comparables) à 1,2 milliard d'euros, avec un retour à la croissance sur le marché chinois. La performance du marché chinois « continue à être soutenue par le succès des marques internationales » de lait pour bébés, explique Danone. Le groupe assure être revenu à une part de marché de 15%, équivalente à celle qu'il occupait avant la fausse alerte lancée par son fournisseur Fonterra en 2013. Le pôle Eaux voit également ses ventes augmenter de 12,3% (6,8% en données comparables) à 1,3 milliard d'euros. Le groupe anticipe cependant « une période de croissance plus modérée » en Chine pour les boissons non-alcoolisées et a entamé « un ajustement des stocks » de sa marque d'eau Mizone, a-t-il précisé. Le pôle Nutrition médicale connaît lui une croissance de 9,1% (6,9% en données comparables) à 400 millions d'euros.

Au global sur les neuf premiers mois de l'exercice, les ventes de Danone atteignent 17,03 milliards, en hausse de 7,2 % (+4,6 % en comparables). Le groupe a confirmé ses objectifs (en données comparables) pour 2015 d'une croissance organique de son chiffre d'affaires comprise entre 4% et 5% et d'une légère progression de sa marge opérationnelle courante.

NESTLÉ PÉNALISÉ PAR L'INDE

Des chiffres et des tendances qui contrastaient avec ceux annoncés par Nestlé quelques jours plus tôt et qui ont pesé sur le titre en Bourse, non sans entrainer momentané-ment Danone dans son sillage. Le numéro un mondial a en effet publié un chiffre d'affaires sur les neuf premiers mois de 2015, en baisse de 2 % à 64,86 milliards de francs (+4,2 % de croissance organique). Les analystes interrogés par l'agence AWP tablaient en moyenne sur un chiffre d'affaires de 65,5 milliards et une croissance organique de 4,7 %. Les effets de change, avec notamment un franc suisse fort, ainsi que l'épisode du rappel des nouilles instantanées Maggi en Inde ont pesé sur les comptes. « Dans l'ensemble, la croissance organique est en deçà de nos attentes », n'a pas caché Paul Bulcke, le directeur général du groupe suisse, cité dans le communiqué publié le 16 octobre. En conséquence, pour 2015, Nestlé a abaissé sa prévision de croissance organique à environ 4,5 %, contre 5 % à la fin du premier semestre. « Cette coupe dans les perspectives annuelles n'est pas si sévère en tant que telle mais est inhabituelle pour Nestlé », a commenté Michael Romer, analyste chez J. Safra Sarasin dans une note.

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Seul point positif, le groupe table pour 2015 sur une amélioration « des marges et du bénéfice récurrent par action à taux de change constants et de la rentabilité du capital ».

UNILVER PORTÉ PAR LE DYNAMISME DES GLACES

De son côté, l'anglo-néerlandais Unilever, spécialiste des produits de grande consommation et quatrième acteur mondial de l'agroalimentaire derrière Nestlé, Pepsico et Mondelez International, a annoncé pour le troisième trimestre de 2015, une hausse de 9,4% de son chiffre d'affaires à 13,4 milliards d'euros. A périmètre comparable, les ventes ont augmenté de 5,7%, un chiffre supérieur aux attentes des analystes interrogés par l'agence Bloomberg qui tablaient sur une hausse de 4%. « Nos bons résultats au troisième trimestre reflètent nos efforts pour construire notre société sur le long-terme », a affirmé le directeur exécutif du groupe, Paul Polman, cité dans le communiqué. « La croissance a néanmoins été aidée par des facteurs très spécifiques, comme une base de comparaison faible en Chine, de fortes ventes de crèmes glacées et des ventes avancées en Amérique du Sud », a-t-il ajouté. Sur les neuf premiers mois de 2015, les ventes s'inscrivent à 40,4 milliards d'euros, en hausse de 11,1 % (+3,8 % en organique). Observant la faiblesse de certains marchés le monde, Paul Polman s'attend cependant pour l'année, à des ventes à périmètre comparable « dans la partie supérieure de la fourchette de 2 à 4% ».