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CIAA « Des perspectives à long terme positives pour la production agroalimentaire »

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En dépit de la crise multiforme qui continue de produire ses effets sur les marchés, les opportunités commerciales à long terme seraient positives pour les opérateurs européens de l’agroalimentaire. C’est en tout cas une des conclusions tirées par la CIAA (Confédération européenne des industries agroalimentaires) de son congrès 2008 qu’elle a organisé les 27 et 28 novembre à Bruxelles. Réunissant plus de 450 participants, ce congrès a permis de passer en revue les grands thèmes qui préoccupent pour le moment le secteur : la croissance, l’innovation, les exigences des consommateurs et le respect de l’environnement.

Des débats des congressistes sur les questions commerciales et la compétitivité du secteur agroalimentaire européen, il ressort que la croissance de la demande serait encore plus grande dans les pays qui ne font pas partie de l’OCDE, l’Organisation pour la coopération et le développement qui regroupe 30 pays membres essentiellement des pays développés). Ainsi les industriels européens auraient à saisir des opportunités de débouchés à l’exportation notamment vers les économies émergentes et avec des produits à valeur ajoutée. La demande en agrocarburants serait également à la hausse dans le monde entier, en fonction des politiques publiques et des progrès technologiques.

Côté évolution des prix, ceux-ci resteraient à plus long terme au-dessus de leurs niveaux historiques. Il y aurait aussi suffisamment de terres pour accroître la production alimentaire et nourrir la population jusqu’aux alentours de 2015, selon les estimations des participants.

Assez de signaux envoyés aux agriculteurs ?

Concernant les perspectives du marché, le débat est resté ouvert sur la question de savoir si la volatilité des prix va demeurer dans les prochains mois. Idem pour savoir si les signaux envoyés jusqu’ici aux agriculteurs sont suffisants pour les inciter à produire. Une autre interrogation des congressistes a porté sur le fait de savoir si la demande devrait être «encadrée» par des politiques publiques. Concernant la gestion des risques, les congressistes estiment qu’il serait nécessaire de renforcer la productivité au travers de la recherche- développement et d’améliorer l’accès aux approvisionnements.

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A l’adresse des gouvernements, les industries agroalimentaires européennes affirment que l’ouverture des marchés est « essentielle pour le commerce et les investissements » du secteur. Ceux-ci devraient également améliorer le cadre réglementaire communautaire sur la qualité afin de renforcer la diversification du secteur agricole. Il faudrait aussi, selon les congressistes, « ouvrir la possibilité pour l’industrie européenne de s’approvisionner sur le marché mondial, notamment en produits génétiquement modifiés, dans la mesure où l’UE n’est pas auto-suffisante en ces matières. »

Intérêts des consommateurs

Sur le chapitre des rapports avec consommateurs, les débats ont notamment porté sur les informations nécessaires à fournir sur les étiquettes des produits commercialisés. Un consensus des participants s’est dégagé sur la nécessité de développer des incitations pour les opérateurs qui procèderaient à des innovations en direction de produits alimentaires plus sains. Si pratiquement tous plaident pour une information accrue en ce qui concerne les informations nutritionnelles nécessaires, il reste que les discussions ont montré des nuances quant à comment et où les incorporer sur les étiquettes. Une intervenante proche de l’industrie a cité une étude selon laquelle, si 75 % des participants à un sondage étaient intéressés par des informations nutritionnelles sur les étiquettes des produits qu’ils achetaient (sondage du Bureau européen des Unions de consommateurs), une autre étude d’EUFIC (Conseil européen de l’information sur l’alimentation, affilié à la CIAA) montre que seuls moins de 27 % des personnes sondées liraient effectivement les informations nutritionnelles sur les étiquettes. Toujours selon ce dernier sondage, ceux qui sont intéressés par ce type d’informations seraient à la recherche d’informations concernant essentiellement les calories, les graisses et le sucre présents dans leurs aliments.