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Génomique végétale et biotechnologies Des pistes pour l’élaboration d’une stratégie européenne

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L’UE doit investir d’urgence dans la recherche en génomique végétale et biotechnologies pour améliorer sa compétitivité agricole et agro-alimentaire et sa capacité à faire face aux défis alimentaires mondiaux et aux besoins croissants en biocarburants et biomatériaux, affirment des représentants de ces secteurs dans un document de réflexion élaboré à l’initiative de la Commission européenne. Intitulé «Plantes pour le futur», ce rapport préconise l’établissement d’une plateforme européenne dès cette année et la formulation d’un agenda stratégique d’ici début 2005 . La mise au point de plantes résistantes au stress y est notamment considérée comme prioritaire.

« Bien que l’Europe ait été à l’avant-garde de la recherche scientifique et de la biotechnologie dans le domaine végétal, elle a perdu ce rôle de premier plan ces dernières années, à cause des préoccupations du public concernant les effets de ces technologies, d’un manque de communication vis-à-vis du public sur les avantages que cette technologie peut apporter, et d’une faiblesse des programmes stratégiques de recherche par rapport à ses concurrents», a reconnu le commissaire européen à la recherche, Philippe Busquin, lors de la présentation du rapport, le 24 juin à Bruxelles. “ Ce déclin est alarmant quand on connaît les difficultés auxquelles l’Europe est confrontée: fournir à une population de plus en plus nombreuse des aliments plus sains et produits dans le respect de l’environnement, et remplacer les matériaux produits en utilisant des sources d’énergie fossiles par des biomatériaux, c’est-à-dire des matériaux nouveaux, produits selon des procédés écologiques à partir de sources végétales renouvelables».

L’Europe à la traîne

Alors que les sociétés américaines de biotechnologie dépensent 650 millions de dollars par an en recherche et développement, leurs concurrentes européennes n’investissent que 400 millions d’euros chaque année.

En 2003, le gouvernement américain a lancé un programme national de génomique végétale doté d’un budget total de 1,1 milliard d’euros sur six ans (2003-2008). L’aide apportée par l’UE à 15 est estimée à environ 80 millions d’euros par an.

Plantes résistantes au stress, diversité génétique accrue, biocarburants

Dans l’UE à 25, 17 millions d’exploitations agricoles occupent 8% de la population active, tandis que l’industrie agroalimentaire dégage un chiffre d’affaires annuel de 600 milliards d’euros. Le document de réflexion met en avant le rôle que la biotechnologie et la génomique peuvent jouer pour aider l’UE à évoluer vers une bioéconomie fondée sur la connaissance et sur l’utilisation de ressources végétales renouvelables. Il prône le développement de nouvelles plantes résistantes aux stress pour accroître la productivité agricole en dépit des variations saisonnières et de changements climatiques plus marqués, tout en nécessitant moins de fertilisants, de pesticides et d’eau. Les experts soulignent aussi que la recherche stratégique permettra d’aboutir à une diversité génétique accrue des cultures et stimulera le développement de matières « écologiques » comme les biocarburants ou les emballages biodégradables.

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Réactions favorables des agriculteurs et de l’industrie

Les associations représentants les organisations agricoles et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) et l’industrie européenne des biotechnologies (EuropaBio) se sont respectivement félicitées du contenu de ce rapport.

« Les sciences du vivant et la biotechnologie font partie des technologies de pointe qui contribuent à la croissance d’une agriculture innovatrice, compétitive et durable en Europe», a indiqué le secrétaire général du Copa-Cogeca, Franz-Josef Feiter, dans un communiqué. Si ce secteur n’a cessé de se développer à l’échelle mondiale, « beaucoup reste encore à faire pour améliorer sa situation en Europe. Le secteur de la biotechnologie aux Etats-Unis, par exemple, produit trois fois plus de revenus qu’en Europe et comporte beaucoup plus de produits en cours d’élaboration», a-t-il indiqué.

« Nous applaudissons le signal très important donné par le commissaire Busquin et la Commission européenne à travers l’établissement d’une plateforme européenne pour la génomique des plantes et les biotechnologies», a indiqué pour sa part le président d’EuropaBio, Feike Sijbesma. Ces disciplines « offrent de nouveaux moyens pour combattre les maladies végétales, les insectes et les mauvaises herbes. A l’horizon de la recherche en sciences végétales se trouvent de nouvelles opportunités passionnantes pour améliorer le contenu nutritionnel des aliments, améliorer les huiles végétales et supprimer les allergènes», a-t-il indiqué.