Commandée par la Commission européenne, une étude indépendante propose une série de pistes pour améliorer la compétitivité des vins de l'UE. Les recommandations des auteurs vont de la promotion sur les marchés non traditionnels à l'assouplissement de l'obligation de mise en bouteille dans la zone de production ou encore au signe de qualité unique.
E NTRE 2000 et 2012/2013, les vins de l'UE ont « amélioré leur position concurrentielle globale » sur le marché mondial en valeur, tout en la maintenant en volume, mais ils ont enregistré une « érosion générale de leurs parts de marché » (en valeur et en volume). Partant de ce constat, une étude réalisée par le bureau italien Cogea (Consulenti per la gestione aziendale, Rome) pour le compte de la Commission de Bruxelles propose une série de pistes pour améliorer la compétitivité de ce secteur.
Améliorer l'accès au marchéL'étude, qualifiée de « bonne » à « excellente » par les services européens, suggère d'encourager davantage le secteur viticole à utiliser les fonds de l'OCM destinés à la promotion pour pénétrer des marchés « non traditionnels tels la République de Corée, l'Algérie, les Philippines et le Mexique » et de consacrer les crédits du développement rural (Feader) et les soutiens à l'investissement prévus par l'OCM (Feaga) en priorité à « l'adaptation structurelle et organisationnelle » des établissements vinicoles orientés sur l'exportation.
Les auteurs estiment aussi qu'il faut accélérer ou démarrer les négociations d'accords bilatéraux, non seulement avec les partenaires traditionnels qui n'ont pas conclu de tels accords avec l'UE (Chine, Russie...) ou avec lesquels des pourparlers sont en cours (Chine, Russie...), mais aussi avec des partenaires non traditionnels comme les Philippines.
Enfin, selon eux, il est nécessaire, pour améliorer l'accès aux marchés, de « dépasser les contraintes auto-imposées par de nombreux contrats de production de vins européens sous AOP-IGP, c'est-à-dire l'obligation d'embouteiller dans la zone de production, au moins pour les vins qui ne sont pas dans le haut de gamme ».
A MÉLIORATION de la position concurrentielle globale des vins de l'UE, mais érosion de leurs parts de marché : cette évolution, explique l'étude de Cogea sur la compétitivité du secteur, est le résultat de deux tendances opposées, à savoir des performances meilleures pour les vins en bouteilles et moins bonnes pour les exportations en vrac. À l'inverse, depuis 2007, un changement de stratégie est constaté depuis 2007 chez les pays producteurs du Nouveau Monde (Australie, États-Unis, Afrique du Sud et Nouvelle-Zélande), avec « le remplacement graduel des bouteilles par le vrac à l'exportation ».
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Les auteurs constatent également, sur la période 2000-2012/2013, une « détérioration considérable » de la compétitivité des vins de l'UE en termes de consommation dans tous les pays, à l'exception de la Russie où l'embargo sur les vins de Moldavie entre 2005 et 2007 a bénéficié à ceux de l'UE. Cet effritement a été plutôt faible en Chine, aux États-Unis, en Allemagne et au Japon (avec, même, un accroissement de la part de marché dans les deux premiers pays), et plus significatif au Danemark, à Hong Kong et au Royaume-Uni.
Une adaptation de la production vinicole de l'UE au marché est également préconisée par l'étude de Cogea, notamment, pour les segments de haut de gamme et ultra premium, un acronyme unique à utiliser sur le marché mondial, associé à un logo obligatoire, comme cela est le cas pour le secteur biologique.
Les auteurs considèrent également que, s'agissant des vins des segments commercial et super premium, pour lesquels l'origine du produit est plus importante que les signes AOP-IGP, il faudrait prévoir dans la réglementation communautaire l'indication du pays ou de la région de production, par exemple Italie ou Toscane.
Par ailleurs, affirme l'étude, « compte tenu de la complexité croissante de la segmentation du marché à l'avenir, il ne semble pas prudent de se concentrer seulement sur les vins de haute qualité (AOP-IGP), en négligeant les vins de gammes inférieures pour la consommation quotidienne des familles à plus bas revenu ».
De même, vu la demande potentielle pour les vins à teneur en alcool faible ou nulle, « il serait bénéfique d'assurer un cadre législatif clair pour de tels produits », estiment les auteurs, qui jugent nécessaire d'encourager, avec les crédits du développement rural et de l'OCM, « les investissements destinés au développement et à la mise en oeuvre d'innovations demandées par les différents marchés ». (FXS)