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Commerce équitable Des points communs entre commerce équitable et appellations d’origine

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Existe-t-il une alliance possible entre le commerce équitable et le concept très français des appellations d'origine ? C'est la question qui a été posée lors d'un débat organisé sur le stand du ministère de l'Agriculture le 1er mars. Les deux approches se rejoignent, dans la mesure où elles permettent toutes les deux de rémunérer plus dignement les producteurs.

En France, le commerce équitable, qui a mis beaucoup de temps à se développer, est désormais connu de 50 % des consommateurs français, même si ces derniers ne dépensent encore que 0,50 euro par an pour ce type de produit, contre 10,50 euros pour un consommateur suisse ou 3 euros pour un allemand. Mais, existe-t-il une alliance possible entre le commerce équitable et les appellations d'origine, concept très français ? C'est la question qui a été posée lors d'un débat organisé sur le stand du ministère de l'Agriculture le 1er mars. Sans hésiter, Jean-Pierre Doussin, président de Max Havelaar France, répond par l'affirmative en considérant que les deux concepts se rejoignent. C'est aussi l'avis de Philippe Mauguin, directeur de l'INAO (institut national des appellations d'origine) : " les marges sont souvent plus importantes pour les producteurs de produits d'appellation d'origine que pour ceux qui des produits banalisés ". Or, le commerce équitable a pour premier objectif une juste rémunération des producteurs. "Le commerce équitable, ce n’est pas la charité, insiste le président de Max Havelaar France. L’objectif est de soutenir les producteurs, mais c'est à eux de s’organiser ".

Reconnaissance à l’OMC

La reconnaissance d’un produit local par une appellation d’origine est, évidemment, un excellente base, pour les agriculteurs, de s’organiser. "On a pu croire que notre approche très française était condamnée, ironise Philippe Mauguin. C’est le contraire puisque nous avons obtenu à Marrakech, dans le cadre de l’OMC, qu’un produit traditionnel soit reconnu par une indication géographique ". Cependant, les appellations d’origines sont encore loin d’une reconnaissance totale à l’OMC. " Nous travaillons avec un grand nombre de pays pour faire reconnaître la notion d'appellation d'origine au niveau législatif et juridique", précise le directeur de l’INAO. C'est le cas notamment au Vietnam, en Chine, en Argentine ou au Chili. De nombreuses collaborations s’établissent.

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L’huile d’arganier au Maroc

Ainsi, des producteurs de Comté en AOC, dans le Jura, se sont associés aux producteurs marocains d'huile d'arganier, un arbre endémique du Maroc qui produit une huile utilisée en alimentation, en cosmétique et en pharmacie. Cet arbre est le dernier rempart à la désertification car il est très résistant à la sécheresse, mais il est en régression très forte. "L’arganier couvre 800 000 ha et pourrait perdre 38 % d’ici 2008 si on ne fait rien ", explique Zoubida Charrouf, chercheur au département de chimie de la faculté des sciences de Rabat (Maroc). "Nous nous appuyons sur les communautés locales pour développer les filières " poursuit-elle. Ainsi, cinq coopératives, entièrement gérées par des femmes, ont été créées. Elles ont modernisé l’extraction et ont beaucoup travaillé sur le packaging. À cela s’ajoute une trentaine de coopératives de collecte. "Un terroir, une espèce végétale unique, un produit qui a une typicité,... c’est la définition que, nous français, nous donnons à un produit d’appellation d’origine " commente Philippe Mauguin.

Pour de plus amples informations sur l'huile d'arganier, consulter www.targanine.com