Farre (Forum des agriculteurs responsables respectueux de l'environnement) et l'Unifa (Union des industries de la fertilisation) ont organisé un colloque le 21 octobre soulignant l'amélioration des pratiques de fertilisation. Un domaine qui profitent d'innovations. Exemples.
« Les nitrates sont derrière nous : on est en train de gagner cette bataille », a lancé Luc Smessaert, président de Farre. Une affirmation étayée par l'exemple de la production betteravière, qui a largement réduit l'utilisation d'engrais azoté. « En 35 ans, on est passé de 22 à 6 unités d'azote par tonne de sucre produit, soit 75 % de baisse », a signalé Alexandre Quillet, président de l'ITB (Institut technique de la betterave). Plusieurs explications à cela, d'après lui : la génétique, l'emploi d'outils d'aide à la décision, de Cipan (cultures intermédiaires pièges à nitrates). « Les conséquences sont positives côté producteur, en termes de marge brute, mais aussi pour l'industriel, qui profite d'une meilleure qualité de betterave, pour le citoyen, vis-à-vis de l'environnement », a-t-il estimé. Et de conclure que « la directive nitrates a un effet bénéfique », en notant que tous les betteraviers ont recours à la méthode du bilan.
L'agroéquipement contribue à l'amélioration des pratiques. Illustration avec la cartographie des parcelles, qui permet une modulation des apports d'engrais au sein de la parcelle. « Le strip-till permet de fertiliser au bon endroit, en nourrissant la plante, pas l'adventice, a ajouté Patrick Pérard, président d'Axema (union des industriels de l'agroéquipement). On peut ainsi réduire de 30 % la dose totale avec la même efficacité. »
Pistes d'amélioration
Les voies d'amélioration sont encore nombreuses. Alexandre Quillet a notamment cité les mélanges de Cipan. Autre piste à l'étude, la génétique. « Via le projet Aker, on pourra choisir des variétés résistant mieux au stress azoté », a-t-il expliqué. « Je crois encore beaucoup à l'agronomie », a déclaré pour sa part l'arboriculteur Emmanuel Dalle, en citant l'implantation de légumineuses dans les vergers, le recours à la mycorhization. Les fabricants de matériels ne sont pas en reste, avec les perspectives liées à l'utilisation de drones, de capteurs embarqués sur les tracteurs pour moduler en direct les apports d'azote.
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L'industrie de la fertilisation, elle-même, propose des innovations. Cela porte notamment sur la libération lente ou contrôlée des éléments nutritifs. Deux procédés existent. « Les additifs agronomiques sont employés par six à sept entreprises », a signalé Gilles Poidevin, délégué général de l'Unifa, pour qui plusieurs dizaines de milliers d'hectares sont concernés. L'enrobage est lui utilisé par trois entreprises.
« Un tas d'outils existent, que tous n'utilisent pas, a noté Thierry Loyer, président de l'Unifa. L'avenir, c'est de renforcer l'usage des bonnes pratiques. »
L 'Union des industries de la fertilisation (Unifa) annonce une stabilité des livraisons d'engrais sur la campagne 201314, seul l'azote marquant un rebond. Elles s'élèvent à 9,5 millions de tonnes (Mt), ce qui représente +0,5 % en glissement annuel. Les amendements minéraux basiques totalisent 3 Mt sur la même période, soit +1,2 % en sachant que les écumes de sucrerie sont nouvellement inclues. « L'azote est en rupture avec sa tendance baissière », a noté le délégué général Gilles Poidevin en conférence de presse le 21 octobre. Ses quantités livrées affichent +1,8 % par rapport à la moyenne des trois dernières campagnes. Le phosphore, le potassium et le soufre reculent, avec respectivement - 1 %, - 10 % et - 3,3 %. Pour ces trois éléments, l'Unifa constate un « plancher d'utilisation » à partir de 2009-10. L'organisation s'inquiète par ailleurs du projet de réglementation européenne pour les fertilisants, lequel pourrait voir le jour fin 2014. « On n'a pas eu le soutien des pouvoirs publics envers nos positions », a déploré Gilles Poidevin, qui attend notamment la suppression des règles nationales et la prise en compte de l'efficacité agronomique. L'Unifa, qui regroupe 52 adhérents, pèse 2,77 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2013 (-8 %).