Les récoltes pléthoriques dans le monde pèsent sur les cours. Une hausse des marchés intervient néanmoins depuis octobre. Elle semble devoir s'essouffler, à moins que la situation en Mer Noire ne change la donne.
« Tous les grands pays producteurs semblent afficher des rendements très élevés en maïs, souligne François Luguenot, responsable chez InVivo de l'analyse des marchés. Les bilans mondiaux sont très lourds. Je n'imagine pas un redressement des prix à court terme, ni de glissade d'ailleurs. »
Les marchés ont certes connu une hausse depuis leur point bas au 1er octobre. Matthieu Çaldumbide, responsable du service économique à l'AGPM (Associations générale des producteurs de maïs), y voit plusieurs explications : un retard des récoltes en maïs et soja américains, des difficultés logistiques aux Etats-Unis. Cela s'est traduit par des tensions sur les tourteaux, dont l'augmentation des cours a entrainé l'ensemble des matières premières. « Le maïs américain a pris 25 dollars/t entre le 1er octobre et aujourd'hui », a-t-il signalé le 19 novembre.
Mais les derniers volumes à récolter remettent la pression sur les cours. Les investisseurs à Chicago se focalisent à nouveau sur les fondamentaux du marché, à savoir qu'avec des productions de maïs et de soja attendues à un niveau record cette année, l'offre est abondante. « Il y a beaucoup de céréales dans l'Union européenne, avec la nécessité d'un maïs pas trop cher pour limiter les importations », ajoute Damien Vercambre chez Inter-Courtage.
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Regain de tensions géopolitiques
La physionomie du marché pourrait néanmoins changer sous l'influence de la géopolitique, mise entre parenthèses ces derniers mois. « Le plus puissant facteur de rebond des prix tient à la géopolitique », considère François Luguenot. « C'est le mieux à même de réveiller les opérateurs », poursuit-il, en évoquant les tensions entre la Russie et l'Ukraine. Les problèmes de qualité du maïs sont également à surveiller (lire par ailleurs), avec « des alertes à l'échelle de la grande Europe, depuis la Bretagne jusqu'à l'Ukraine ».