Le coût des procédures de redressement et de liquidation judiciaires pour les agriculteurs est jugé trop élevé par le sénateur socialiste, Claude Domeizel. Interrogée sur le sujet, la garde des Sceaux, Christiane Taubira, a indiqué, fin avril, que la question de la rémunération des mandataires et des administrateurs judiciaires serait posée d'ici à l'automne.
Un coût à hauteur de 2990 euros. C'est le tarif à payer par les plus petites entreprises agricoles en très grandes difficultés, pour prétendre à une procédure de redressement judiciaire. Ce montant, fixé par décret, est constitué, dans sa part la plus grande, par la rémunération des mandataires, voire, quand ils sont nommés, des administrateurs judiciaires. Pour le sénateur socialiste, Claude Domeizel (des Alpes de Haute-Provence), il est évident que ce paramètre, « discriminatoire » selon lui, « est une des raisons de l'échec des plus petites entreprises (pas seulement agricoles) à se redresser, que ce soit en sauvegarde ou en redressement judiciaire ». D'où sa proposition, formulée sous la forme d'une question écrite, à la ministre de la Justice : il suggère de fixer les rémunérations des mandataires et des administrateurs judiciaires sur la base d'une facture proportionnelle, soit au chiffre d'affaires, soit au montant des dettes, avec un tarif minimum très bas. Dans sa réponse écrite au sénateur, datée du 25 avril, la garde des Sceaux reconnaît en effet les limites du dispositif. Elle rappelle surtout que le nombre de procédures, de tout secteur, où ce montant ne peut être perçu, en partie ou en totalité, est passé de 14 768 dossiers en 2007 à 27 749 dossiers en 2011. Le fonds des dossiers impécunieux a ainsi été sollicité pour cette dernière année pour un total de près de 38 millions d'euros.
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