Abonné

Des produits contaminés par les huiles minérales d’emballages alimentaires

- - 3 min

L’ONG Foodwatch France a révélé à Paris le 27 octobre les résultats d’une analyse de 42 produits secs alimentaires : 60 % d’entre eux contiennent des huiles minérales en provenance des emballages cartonnés. Elle demande des obligations réglementaires pour mettre un terme à ces contaminations. Les industriels se défendent : ce n’est pas « nécessairement un risque pour la santé. »

« Il s’agit de teneurs faibles, mais il n’y a aucune raison de ne rien faire », a déclaré Karine Jacquemart, directrice de l’ONG Foodwatch France, à Paris, le 27 octobre. Une étude réalisée sur 42 produits (pâtes, couscous, lentilles…) en France montre que 60 % d’entre eux contiennent des huiles minérales. Ces substances migrent depuis les emballages cartons. Plus précisément, l’ONG a identifié comme source principale le carton recyclé. « Les encres sur les cartons doivent être la source d’origine. Les fabricants de cartons recyclés ne font pas le "tri" de ces encres », explique l’ONG. Mais les cartons dits de fibres vierges sont aussi une des origines de la contamination, selon les analyses de l’organisation. L’ONG s’inquiète donc : il s’agit selon elle d’un problème de santé publique. Les résultats présentés par l’ONG ne sont pas interprétés de la même manière par les industriels de l’agroalimentaire (Ania). « Il est important que la détection de traces d’une substance comme les huiles minérales n’induit pas nécessairement un risque pour la santé », commente l’Ania, dans un communiqué diffusé le même jour. Pour sa part, le chimiste André Cicollela, président de Réseau environnement santé présent à la conférence de presse de Foodwatch, tranche : « Ces huiles minérales sont cancérogènes, mais il est impossible de dire le pourcentage de cancers induits. »

Pour une réglementation contraignante

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Dans ce contexte, l’ONG demande qu’une réglementation oblige les industriels à développer des barrières entre les aliments et ces huiles toxiques. « Bien que le problème soit connu des experts et de nos politiques depuis des années, aucune réglementation spécifique n’a vu le jour, que ce soit au niveau européen ou national », critique Foodwatch. L’Ania, elle, répond que les fournisseurs d’emballages sont engagés « collectivement proactivement, avec le support de l’industrie alimentaire, dans un vaste programme de recherche préventif consistant à évaluer l’ensemble des actions permettant de réduire les teneurs potentielles en huiles minérales dans les matériaux et les emballages. » L’ONG veut aller beaucoup plus loin et préconise de « prescrire des barrières fonctionnelles obligatoires pour tous les emballages alimentaires en papier et en carton » et de fixer des « valeurs limites spécifiques pour les huiles dans l’aliment lui-même, […] la réglementation sur les papiers et cartons entrant en contact avec les denrées alimentaires est insuffisante. »

(CR)

Food Watch est une ONG internationale. Elle est implantée en France, en Allemagne et aux Pays-Bas. Elle a été fondée par Thilo Bode, ancien directeur international de Greenpeace.