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UE/Filière lait Des propositions législatives dans le courant de décembre 2010

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Alors que la tension augmente en France entre les producteurs de lait et l’industrie de la transformation à propos des prix du lait, du côté européen les affaires semblent poursuivre leur bonhomme de chemin: les ministres de l’agriculture de l’UE devraient adopter, le 27 septembre, « des conclusions » sur les recommandations présentées en juin 2010 par le Groupe de haut niveau de l’UE sur les problèmes du lait en Europe. Ce qui permettra au commissaire européen à l’agriculture Dacian Ciolos, de préparer ses propositions législatives en la matière en décembre prochain.

« Les arrangements en matière de prix entre la grande distribution et les producteurs de lait français sont des problèmes franco-français qui ne nous concernent pas en tant que Commission ». C’est ce que nous a indiqué un porte-parole de la Commission européenne quand on l’a interpellé sur les remous de ces dernières semaines en ce qui concerne le prix du lait en France. « Nous sommes conscients que le prix du lait a fait beaucoup de vagues ces derniers temps en France et nous, en tant que Commission européenne, nous n’avons pas bougé car il s’agit pour nous d’une affaire franco-française », a-t-il précisé. En ce qui la concerne, la Commission européenne a encore indiqué ce porte-parole, attend la décision des 27 ministres de l’agriculture de l’UE qui doivent, lors de leur réunion du 27 septembre à Bruxelles, donné leurs avis sur les recommandations du Groupe de haut niveau de l’UE sur les problèmes du lait (GHNL) présentées le 15 juin 2010. Ce n’est qu’à la suite d’un feu vert des ministres, précise la même source, que la Commission s’attaquera à la préparation de mesures législatives concrètes basées sur les recommandations du GHNL pour les présenter aux Conseil dans le courant du mois de décembre 2010.

Recommandations du GNHL insuffisantes aux yeux de l’European Milk Board
Les solutions préconisées par le groupe de haut niveau sur les problèmes du lait pour traiter la question des relations inégales au sein de la chaîne d’approvisionnement du lait n’apporteront aucune solution justement parce que la production laitière se différencie des autres productions, estime l’European Milk Board (1). Selon le lobby des producteurs de lait, « les laiteries agissent selon leurs propres intérêts économiques. Elles ne fixeront pas par contrat des prix rémunérateurs à long terme et elles détermineront les quantités à livrer en considérant non pas le marché laitier dans son ensemble mais leurs propres débouchés de vente ». Les producteurs laitiers considèrent que la nature des contrats ne pourra être équilibrée que s’il existe un secteur des producteurs fort et solidaire qui soit en mesure d’influer concrètement sur l’offre globale. Ceci implique « des adaptations de production s’orientant sur les coûts de production ». Sinon, disent-ils, « les contrats ne représentent qu’une possibilité de régulation unilatérale aux mains des laiteries, plus encore que ce n’est le cas dans le cadre de la régulation actuelle par quotas ». Dans le cas où le secteur laitier serait exclusivement géré à l’aide de contrats entre producteurs et transformateurs, il faudra, avertit l’EMB, « obligatoirement passer par des conditions contractuelles minimales. En tant que représentant des producteurs de lait européens, nous n’acceptera aucunement des solutions déséquilibrées qui auraient pour conséquence de renforcer davantage les transformateurs au détriment de la position des producteurs sur le marché laitier ».

(1) Organisation laitière auprès de l’UE et regroupant des producteurs de lait et des syndicats agricoles de 14 pays européens.

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