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Des propositions pour adapter les prairies au changement climatique

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Un rapport ministériel formule plusieurs recommandations pour se préparer aux conséquences du changement climatique sur les systèmes fourragers, dont la nomination d’un coordinateur national.

Favorable à la pousse d’herbe dans certaines régions comme le grand Ouest et délétère pour la culture du maïs dans des territoires sujets à la sécheresse, le réchauffement climatique entraîne des conséquences différentes en fonction des régions et des systèmes fourragers. Pour rendre les modèles d’élevage plus résilients face au changement climatique, des hauts fonctionnaires du CGAAER ont publié le 21 mars un rapport commandé par le ministère de l’Agriculture sur le sujet.

Le réchauffement global pourrait, « selon les projections les plus pessimistes », être susceptible de ne plus permettre « un élevage économiquement viable » dans certaines régions, constatent les auteurs. D’ici à 2030, ils considèrent que « la plupart des régions d’élevage apparaissent en mesure d’activer les leviers permettant de s’adapter ». Mais certaines zones sont plus en difficulté, avec des conduites d’élevage ou des positionnements sur le marché « déjà inadaptés à leur environnement ». Partant de ce constat, le CGAAER formule plusieurs recommandations qui pourront être intégrées à une future stratégie ministérielle. Tout d’abord, de nommer un coordonnateur en charge de ce dossier et d’envisager la suppression ou « l’atténuation » de freins réglementaires. Parmi ces freins, il identifie les « rigidités » des aides découlant de la Pac qui « pourraient le cas échéant être assouplies ». Et de questionner notamment le régime dérogatoire auquel est soumise la valorisation des jachères en cas de sécheresse.

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Structurer l’offre de PSE

Le CGAAER propose de faciliter l’accès à une prestation de « conseil stratégique climatique », en élaborant un diagnostic « entièrement pris en charge », et aussi d’assurer des aides « avec des taux d’intervention élevés et le cas échéant non plafonnés » pour « la couverture du risque économique, des pertes de revenu et des investissements liés à l’engagement dans une transition agro-climatique ». Il recommande également de renforcer la collaboration avec Météo France pour la collecte de données.

Pour investir dans de nouveaux modèles, les experts préconisent de cibler les jeunes, plus enclins à s’engager dans une transition de leurs pratiques. Enfin, ils proposent de « lancer un projet de structuration d’une offre de services environnementaux, incluant des systèmes fourragers vertueux » pour encourager le développement des PSE (paiements pour services environnementaux). « L’offre de projets de compensation climatique clés en main, par exemple, se structure […] mais reste inférieure à la demande des entreprises, soulignent-ils. La possibilité de faire entrer la conservation de paysages agricoles résultant de l’élevage herbager pourrait donc être notamment explorée. »

Les experts préconisent de cibler les jeunes