Le constat n'est pas nouveau : la guerre des prix entre distributeurs est destructrice de valeur. Chiffres à l'appui, l'Ania a apporté la preuve de cette situation lors de la présentation de son bilan 2015. Alors que janvier 2016 constitue le trente et unième mois consécutif de déflation sur les produits de grande consommation, les marges des entreprises de l'agroalimentaire montrent une érosion régulière depuis 2009. Et faute de trésorerie et de visibilité, ces TPE et PME, qui constituent 98 % des IAA, n'investissent pas. Et faute d'investissements, les machines vieillissent. Et faute d'un outil de production à la pointe, les entreprises sont moins compétitives. Et faute de pouvoir résister face à la concurrence, les plus fragiles mettent la clé sous la porte. Et faute d'entreprises, les salariés ….vont pointer chez Pôle emploi.
Régulièrement, le gouvernement fait les gros yeux et chacun parle de changer la relation entre agriculteurs, producteurs et distributeurs, pour repartir sur de meilleures bases. Mais force est de constater que, jusqu'à présent, rien ne semble pouvoir arrêter cette spirale destructrice.
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Et pourtant, certains exemples montrent que ça peut marcher. En témoignent les remontées d'expérience d'un travail mené entre Coop de France et la FCD dans le sud de la France, suite à l'accord-cadre signé à Paris à l'automne et visant à valoriser l'offre de la coopérative locale dans la grande distribution. Des exemples concrets entre coopératives et distributeurs qui marchent. Certes, tout ceci est encore tout neuf, donc tout beau. Cet accord doit maintenant montrer qu'il n'est pas simplement séduisant sur le papier, mais qu'il apporte bien une vraie réponse à un modèle de distribution actuellement dans l'impasse. Donc en attendant, apprécions au moins ce « new deal » pour ce qu'il est, d'autant qu'il donne toutes les raisons d'espérer qu'un changement des relations est possible.