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Des réactions positives dans le syndicalisme majoritaire

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FNSEA : « G20 Agricole : Bravo ! »
Les ministres de l’Agriculture des pays du G20 viennent de terminer deux jours de travaux « en arrêtant un plan d’action sur la volatilité des prix alimentaires et sur l’agriculture », précise la FNSEA dans un communiqué. « Cette déclaration ministérielle reprend pour l’essentiel les axes prioritaires arrêtés par les producteurs eux-mêmes réunis à Paris les 16 et 17 juin », souligne la FNSEA. « Les paysans du monde présents au G120 ne peuvent que se réjouir de telles avancées. Elles représentent indiscutablement une traduction concrète de la volonté française affichée par le président de la République, Nicolas Sarkozy, président en exercice du G20 », se félicite le syndicat. La FNSEA espère que « les ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales des pays du G20 fassent preuve d’autant de détermination que celle affichée aujourd’hui pour arrêter des mesures efficaces et modernes aptes à apporter transparence et régulation sur les marchés financiers agricoles ». « Il restera alors à souhaiter qu’au sommet de Cannes, en novembre prochain, les chefs d’Etat et de gouvernement des pays du G20 confirment tous ces travaux », conclut le syndicat.

Jeunes agriculteurs : « Des décisions cruciales restent en suspens »   
« Réunis à Paris les 22 et 23 juin, les ministres de l’Agriculture du G20 sont certes parvenus à un accord sans précédent mais des zones de flou apparaissent encore et des décisions cruciales restent en suspens... », soulignent les Jeunes agriculteurs dans un communiqué.  « Comme nous nous y attendions, une vraie impulsion, un élan prometteur ont été donnés grâce à ce consensus politique (...), mais restons lucides cependant : nourrir les populations du monde mérite mieux que le plus petit dénominateur commun des différents Etats. « Quid de la régulation des marchés financiers quasi-absente des conclusions, en tout cas  sans objectifs clairs ? Quid de la préservation du foncier agricole qui reste la base de tout ? Quid de la viabilité du métier d’agriculteur qui permettra d’installer les jeunes ? », s’interroge le syndicat jeune. « Cette première étape ouvre une porte, en espérant qu’elle ne se refermera pas : nous resterons attentifs aux conclusions du G20 en novembre prochain en France, pour voir si l’agriculture aura cette même envergure... », préviennent les Jeunes agriculteurs.

Chambres d’agriculture : « Un succès à transformer »
Les chambres d’agriculture françaises saluent « la réussite d’une négociation délicate qui a rétabli l’agriculture à sa juste place stratégique ». « Après des décennies d’abandon, les politiques agricoles et alimentaires sont remises au cœur des multiples défis du XXIe siècle », souligne un communiqué. Les chambres d’agriculture se félicitent notamment « de la volonté de moraliser les marchés financiers pour limiter la spéculation, de la mise en place d’outils de connaissance de la production et des stocks, et du renforcement de la coordination ». « Pour autant, les actes devront être à la hauteur des engagements », préviennent-elles. Pour Guy Vasseur, président des chambres d’agriculture, « l’Union européenne devra traduire cette ambition du G20 par le renforcement d’instruments de régulation dans le cadre de la préparation de la Pac 2014-2020, et notamment de stocks publics et privés, tout en maintenant un programme ambitieux d’aide aux plus démunis ».

La Confédération paysanne a manifesté contre le contenu du G20 agricole
Une cinquantaine de manifestants de la Confédération paysanne et de Via Campesina sont entrés dans les locaux d’Euronext le 22 juin, à Paris. Accompagnés d’animaux, ils entendaient protester contre la manière dont se profilent les négociations du G20 agricole et contre l’emprise des financiers sur les marchés agricoles. Scandant le slogan « G20, G Faim », la manifestation s’est ensuite dirigée vers le jardin des Tuileries, escortée par des CRS, pour un pique-nique à la rencontre du public. Les différentes associations représentées étaient, outre la Confédération paysanne, Oxfam France, Attac, Peuples Solidaires et une quinzaine d’autres. Les manifestants défendaient surtout le maintien en Europe des outils de maîtrise et de régulation (quotas laitiers, stocks céréaliers…), l’arrêt de la spéculation sur les marchés financiers et la mise en place de réserves alimentaires permettant de juguler la volatilité des prix. Ils contestent les politiques de soutien aux biocarburants ainsi que l’accaparement des terres qui menacent, selon eux, la production vivrière des peuples du sud.

Coordination Sud : « le G20 préfère l’agrobusiness aux consommateurs et aux paysans »
« Loin de prendre les décisions majeures qui s’imposent, les ministres du G 20 ont repoussé à d’autres échéances la plupart de leurs décisions à l’exception de celles favorisant les intérêts des entreprises agroiindustrielles et des acteurs financiers », a dénoncé Coordination Sud dans un communiqué. « Aujourd’hui, si les gouvernements du G20 reconnaissent les conséquences de la volatilité des prix, ils refusent de s’attaquer aux causes structurelles de l’insécurité alimentaire, notamment en confirmant les politiques de libéralisation des marchés, en refusant la promotion et le financement de dispositifs de stockage public, en ne remettant pas en cause les accaparements de terres et les subventions aux agro-carburants et en promouvant les marchés à terme et les assurances privées », souligne l’ONG. « Les 1,8 milliard d’agriculteurs familiaux actuels et les 9 milliards de consommateurs que comptera la planète en 2050 n’ont pas ou peu compté dans la balance », condamne Bénédicte Hermelin, vice-présidente de Coordination Sud.

Oxfam France : « Un cataplasme sur une jambe de bois » 
Force est de constater que le G20 agricole, sous présidence française, a choisi « la voie d’un accord qui ne répond pas de manière globale aux causes de la volatilité des prix alimentaires dans le monde », dénonce Oxfam France dans un communiqué. Pour Jean-Cyril Dagorn, « réparer le système alimentaire mondial et mettre un terme à la crise des prix alimentaires nécessite une intervention chirurgicale majeure mais le G20 ne propose guère plus qu’un cataplasme sur une jambe de bois ». Pour l’ONG, « c’est uniquement en s’attaquant de front aux problèmes qu’il sera possible de la résoudre notamment, par une réforme des politiques erronées en matière d’agrocarburants qui détournent les aliments au profit des moteurs et en aidant les pays pauvres à constituer des stocks pour faire face aux extrêmes de la volatilité des prix alimentaires ». Pour l’organisation, il reste un espoir, « le G20 Finance qui se réunira en juillet peut encore s’attaquer à la spéculation. Les chefs d’Etat du G20 ont eux-mêmes encore la possibilité de joindre les actes à la parole en décidant d’une véritable action lors du sommet de novembre à Cannes. »

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