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Plan Emaa Des réactions prudentes

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La volonté globale portée par ce plan a généralement été saluée mais les acteurs agricoles et environnementalistes ont rappelé qu’ils resteraient vigilants sur certains points, parfois communs.

Tout en saluant, le 3 avril, la volonté du gouvernement d’encourager la méthanisation agricole à travers le plan Energie méthanisation autonomie azote (Emaa), l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture a estimé qu’il faut rester vigilant sur certains points. Notamment « sur la composition des digestats, liée aux matières premières utilisées pour la méthanisation, surtout si les boues urbaines y étaient incorporées », souligne l’APCA. L’APCA alerte aussi sur la rentabilité économique des projets de méthanisation en agriculture et déplore que la prime l’efficacité énergétique n’ait pas été réévaluée. Enfin, les chambres d’agriculture continuent de plaider pour ce qu’elles appellent une méthanisation « sur mesure » et non pour un modèle unique de méthanisation. Vigilante, Coop de France le sera également, a-t-elle annoncé le 4 avril. Notamment « sur la portée réelle des mesures annoncées ». Mais la fédération des coopératives agricoles assurent qu’elle « apportera sa contribution positive grâce à l’expertise accumulée depuis plusieurs années ». Coop de France recense en effet, fin 2012, une vingtaine d’unités de méthanisation en France, et 30 projets en cours, montées grâce au soutien des coopératives et estime que « plus de 200 unités pourraient être en fonctionnement en 2015 dans le réseau coopératif ».

FNE « attentive »

De son côté, la fédération d’associations environnementalistes France Nature environnement s’est dite attentive sur plusieurs points. Car pour FNE, la méthanisation n’est qu’une partie du mix énergétique souhaitable. D’abord, la fédération s’oppose à l’idée de cultures dédiées à la méthanisation. Et avertit : « Nous ne voulons pas du modèle allemand : de grosses unités de méthanisation nécessitant des milliers d’hectares de maïs pour les alimenter. » Ensuite, FNE demande « une définition précise » de ce que les ministres ont appelé un « modèle français » et des unités de «méthanisation agricole collective de taille intermédiaire » . Pour FNE, « Il faut résister à la folie des grandeurs et privilégier une méthanisation adaptée au contexte et aux besoins de chaque territoire. » En outre, FNE rappelle que le processus biologique de la méthanisation ne réduit pas la quantité d’azote présent dans le résidu, le digestat.

Insuffisant pour la Confédération paysanne

Le plan méthanisation « n’apportera pas la solution aux difficultés de l’élevage, mais seulement à quelques centaines d’éleveurs », estime, de son côté, la Confédération paysanne, dans un communiqué du 2 avril. Le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, a présenté officiellement le 29 mars le plan Énergie, méthanisation, autonomie azote, et a annoncé un objectif de 1 000 unités de méthanisation à l’horizon 2020, contre 90 aujourd’hui. Pour la Confédération paysanne, ce plan « porte surtout le risque de transformer en « énergiculteurs » ceux dont le métier est de produire des aliments ». Par ailleurs, il « risque de conduire à une restructuration entraînant une concentration accrue de l’élevage. Loin de repenser le modèle agricole, ce plan favoriserait alors plutôt son industrialisation », craint la Confédération paysanne.

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