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Coopération Des relations de plus en plus tendues entre coopératives et distribution

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Les coopératives agricoles vont tenir le 1er congrès d’Acooa les 19 et 20 décembre prochain. Cette « alliance des coopératives agricoles », regroupe dans un même mouvement les forces de Coop de France et d’InVivo. Les premiers objectifs que se sont fixé les deux entités sont d’améliorer la communication, le lobbying européen, la formation et la stratégie à l’exportation des entreprises coopératives. Le tout dans un souci d’amélioration de leur compétitivité. Un thème qui sera central lors du congrès d’Acooa. L’application et l’aménagement de la loi de modernisation de l’économie (LME) ont été vivement demandés par le président de l’organisation Philippe Mangin. Une session spécifique sera consacrée à la question. L’heure, pour les coopérativesn est à monter au créneau face aux grandes surfaces. Objectif : obtenir une répercussion indispensable des coûts de production.

Premier point de la stratégie d’Accoa, la communication. Pour Philippe Mangin, président de Coop de France, « il s’agit d’améliorer la notoriété des coopératives agricoles et de l’agriculture en général ». Pour financer ce plan de communication, un appel à cotisation des coopératives a été lancé à hauteur de 0,017% de leur chiffre d’affaires. Selon lui, le compteur des promesses de cotisation s’arrêtera le mardi 18 décembre, veille du congrès d’Acooa, et la coopération pourrait obtenir, au maximum, 11 millions d’euros (M€) par an, sur un engagement de trois ans.

Créer les conditions de la compétitivité

Autres éléments de la stratégie d’Accoa, le lobbying, la formation des administrateurs de coopératives et l’amélioration des exportations, notamment viticoles. Concernant le lobbying, Philippe Mangin a déclaré que, « depuis le traité de Lisbonne, nous devons être plus présents à Bruxelles au niveau des parlementaires européens ». Mais le lobbying fonctionne aussi en France. Porté le 5 décembre par le député de la Meuse Jean-Louis Dumont, un amendement a été voté par l’Assemblée nationale permettant aux coopératives de bénéficier du crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE). Elles étaient initialement exclues du dispositif, car non assujetties à l’impôt sur les sociétés. Le CICE permettrait ainsi un allégement de la masse salariale des coopératives d’environ 100 M€. Le CICE allégera la masse salariale des entreprises de 4% en 2013, et 6% les années suivantes, sur les salaires inférieurs ou égaux à 2,5 Smic. L’adoption de cet amendement devrait être confirmée par le Sénat prochainement. Toujours afin de gagner en compétitivité dans un contexte économique incertain, Acooa a l’ambition de créer un institut de formation continue des dirigeants de coopératives. Dernier point stratégique, l’exportation, principalement viticole, dont il s’agit de grouper l’offre pour atteindre une certaine taille afin de toucher des marchés porteurs, notamment asiatiques.

Des freins encore importants à la compétitivité

« Si la grande distribution ne prend pas en compte la hausse des coûts de production, nous allons au devant d’une catastrophe », expliquait Philippe Mangin, particulièrement préoccupé par la situation des éleveurs. À ce sujet, il a indiqué que la participation de Coop de France, aux côtés de la FNSEA et de l’Ania, aux quatre groupes de travail sur l’aménagement de la loi de modernisation de l’économie (LME), devant rendre leurs conclusions en mai, serait conditionnée à la prise de mesures d’urgence pour les filières en difficulté. Philippe Mangin estime que certaines filières ne peuvent pas attendre le mois de mai. Par ailleurs, il s’est réjoui des annonces faites par Benoît Hamon, ministre chargé de l’Économie sociale et solidaire et de la Consommation, au sujet du renforcement des moyens de contrôles de la répression des fraudes (DGCCRF) d’ici 2015. Selon lui, « la grande distribution doit revoir ses méthodes d’achat envers ses fournisseurs car elle a les mains libres depuis 2008 ». Il demande à ce que la DGCCRF, dans le cadre de la LME, contrôle que les tarifs négociés avec la grande distribution soient respectés et que les délais de paiement soient respectés. « Pour le moment, la DGCCRF ne contrôle que le fait que les contrats soient signés au 1er mars sans étudier leur contenu », assure Rachel Blumel, directrice du département chaîne alimentaire durable chez Coop de France. D’ailleurs, Philippe Mangin s’est déclaré scandalisé par les déclarations du délégué général de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD), Jacques Creyssel, qui demandait aux céréaliers et aux éleveurs de s’entendre. Selon Philippe Mangin, « si il faut construire une solidarité entre céréaliers et éleveurs, cela ne regarde pas la distribution ». Pour lui, « il faudra du courage politique pour adopter les deux ou trois amendements qui amélioreront le fonctionnement de la LME ». Enfin, Philippe Mangin a insisté sur le fait qu’il fallait accepter « que nous soyons au bout de la baisse des coûts de l’alimentation ».

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