Aux Assises des Safer le 30 novembre, des difficultés financières ont été signalées au sein de leur réseau, fragilisé par un recul des transactions foncières en 2023. Emmanuel Hyest, président de la FNSafer, a pointé « les signes avant-coureurs d’une rétractation du marché », grevé par les biens bâtis. Des Safer en souffrent : « Nous nous préparons, pour certains, à équilibrer avec difficulté nos comptes », a-t-il reconnu, évoquant même « des pertes records ». Et d’alerter sur le risque de les voir « perdre en capacité d’action, faute de moyens financiers ». La situation est « particulièrement tendue » en outre-mer et en Corse, selon lui.
À l’échelle nationale, la FNSafer observe un marché foncier rural (terres mais aussi forêts, maisons, terrains constructibles…) en baisse sur les dix premiers mois de l’année : -10 % en nombre de transactions, -20 % en valeur par rapport à 2022. Si les terres et prés apparaissent « quasi stables ou en légère hausse » (respectivement +1 % et +8 %), les biens bâtis sont en forte diminution (-24 % et -27 %). Les ressources des Safer, sociétés sans but lucratif, viennent d’un pourcentage encaissé sur leurs opérations foncières. Elles ne reçoivent plus de subvention publique depuis 2017, à l’exception de la Corse et l’outre-mer pour cause de difficultés d’accès au foncier agricole.
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En plus de la baisse du marché, le réseau subit la hausse des taux d’intérêt. Les Safer ont en effet d’importants stocks de biens, « liés à leur mission de service public » et notamment « dans l’attente de projets d’installation ». « Nous craignons que plusieurs Safer soient ponctuellement en déficit fin 2023 » et « notamment dans le Sud », où les plus « violemment touchées » sont situées en zones viticoles, a précisé Emmanuel Hyest en marge des Assises. Selon lui, « 50 % des Safer font attention » à leur équilibre budgétaire.