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Des syndicats satisfaits, des ONG qui restent sur leur faim

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Si les organisations agricoles s’y retrouvent globalement dans les annonces du gouvernement à l’issue des États généraux de l’alimentation le 21 décembre, les associations environnementales se disent globalement déçues.

Les responsables professionnels présents lors du discours de clôture des États généraux de l’alimentation ont réagi plutôt positivement, comme lors du discours d’Emmanuel Macron à Rungis, aux annonces du gouvernement. Claude Cochonneau, président de l’APCA, a affirmé être "satisfait", mais en attente de "mesures concrètes", notamment s’agissant des relations commerciales (SRP, répartition de la valeur). Sur l’objectif d’atteindre 15 % de surface bio en 2022, il affirme que "c’est ambitieux", mais il attend de voir "les moyens qu’il y aura en face". Concernant le glyphosate et la volonté du gouvernement d’aller vers une interdiction d’ici trois ans, il estime que "c’est juste impossible". Plus globalement sur le sujet des phytos, l’APCA souligne que les EGA ont "bien posé la problématique".

« Sur le volet économique, on retrouve ce que l’on souhaitait », a commenté la présidente de la FNSEA, Christiane Lambert. « Sur la contractualisation, le gouvernement a fixé un Code de la route, il faudra maintenant un gendarme ». Concernant les phytos, Christiane Lambert a relevé que le Premier ministre s'inscrivait « dans un cadre européen », ce qui rassure le syndicat majoritaire. À la Coordination rurale, Michel Lepape est également globalement satisfait du discours prononcé. Il relève la volonté du Premier ministre de mettre en œuvre une meilleure traçabilité des produits, comme proposé par l’industrie agroalimentaire (Ania). De même à la Confédération paysanne, le secrétaire général Nicolas Girod a apprécié le discours dans son ensemble, notamment les annonces concernant les produits phytosanitaires : « la sortie des phytos s’enclenche ». Il s’inquiète toutefois de l’absence du ministre de la Transition écologique lors de la clôture.

Les ONG se sont également dites inquiètes de l’absence de Nicolas Hulot. Pour FNH, son absence signifie qu’il se désolidarise des conclusions. La plateforme citoyenne pour une transition agricole et alimentaire (collectif d’associations) s’est dite elle aussi inquiète de cette absence et « refuse une telle clôture ». D’ailleurs WWF France estime que "les discours de clôture sont très décevants et très en deçà des recommandations des ateliers". Et d’ajouter : "Même des objectifs consensuels dans les ateliers ne sont pas repris par le gouvernement comme les 30 % de produits bio dans la restauration collective en 2022." Par ailleurs, WWF France déplore que "les moyens législatifs, réglementaires, budgétaires et fiscaux et les plans clairs de sortie des pesticides ne soient pas au rendez-vous". Dans ce contexte, l’association "en appelle au président de la République pour redresser la barre et opérer une sortie par le haut des États généraux de l’alimentation. "

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Le directeur de l’Agence bio Florent Guhl a expliqué que pour atteindre l’objectif de 15 % de surface bio en 2022, "il va falloir trouver des moyens". Cet objectif annoncé par le Premier ministre le 21 décembre reste conditionné à des annonces budgétaires. Plus globalement sur les États généraux de l’alimentation, l’Agence bio estime que l’exercice était "très intéressant". Le bio n’a pas été l’objet de discussion seulement dans le chantier 2, mais également dans le chantier 1 : "L’agriculture bio, ce n’est plus hors propos", constate-t-il. Et de poursuivre : "Nos propositions pour les plans de filière ont été bien reprises. Il y a même certaines filières, Inaporc, qui sont allées plus loin".

"L’agriculture bio, ce n’est plus hors propos"