Un groupe d'agriculteurs de Chénérailles souhaite créer une place de marché local reliée en vidéo avec le marché aux bestiaux d'Ussel en Corrèze.
Sera-t-il possible, dans les mois qui viennent, d'acheter depuis Ussel en Corrèze, des bovins sur le marché équin de Chénérailles, dans la Creuse à 75 km de distance, sans se déplacer ? C'est le projet imaginé courant 2013 par un groupe d'agriculteurs creusois du Groupement de défense agricole (GDa) de Chénérailles. Le projet consisterait à relier, par vidéo via internet, les deux places de marchés. Et de faire de Chénérailles un marché au cadran en visio-vente. C'est en participant à une formation sur la formation des prix agricoles que les membres du GDa ont eu cette idée. En effet, dans une zone de 30 kilomètres, autour de la place du marché de Chénérailles consacré uniquement à la vente de chevaux, près de 80 000 vaches mères sont recensées. alors que pour atteindre le même nombre autour d'Ussel, lieu du principal marché bovin de la région, il faut « élargir le cercle à 80 kilomètres », indique Thierry Jamot, ardent défenseur de la foire de Chénérailles, un rendez-vous semestriel, parmi les cinq plus importants points de vente de France. Pas la peine de s'emballer pour autant, « tout ceci n'est pour l'instant qu'une idée », tempère aussi le vice-président de la FDsEa et président du GDa d'ahun.
« Amener les animaux en tracteur »
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
« Nous n'avons réalisé aucune étude, aucun chiffrage de ce que pourrait représenter un tel investissement, mais ce devrait être de toute façon moins onéreux que les deux millions d'euros qu'il faudrait investir pour mettre le champ de foire existant aux normes d'un cadran moderne, pour accueillir des bovins », explique Thierry Jamot. selon lui, ce dispositif permettrait à tous les éleveurs du secteur de s'y rendre avec du matériel agricole, c'est-à-dire de pouvoir convoyer les animaux en tracteur, sans avoir besoin d'affréter un camion. Mais pour l'éleveur de chevaux qu'il est, cette ouverture à la vente de bovins permettrait aussi de pallier les incertitudes qui pèsent sur le marché du cheval après les scandales de 2013. « Notre foire de Chénérailles est particulière parce qu'elle accueille à la fois des professionnels, éleveurs, bouchers, et des particuliers en quête d'un animal de compagnie, mais nous ne savons pas comment tout ceci va évoluer dans les mois et les années qui viennent à la suite de ces événements », reconnaît-il. Une étude de faisabilité est actuellement en cours.