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Interprofession Désaccord sur le prix du lait

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L’accord sur le prix du lait est menacé par une guerre des prix que se livrent les grands du lait de consommation. Avec des moyens qui ne peuvent être les mêmes dans le cadre des sociétés privées et dans le cadre coopératif.

Tout laisse à penser que l’accord national sur le prix du lait payé aux producteurs soit dénoncé cette semaine parce que les prix payés en Europe baissent plus vite que prévu sur le lait de consommation. Et alors qu’en France la consommation de lait liquide a à nouveau baissé de 4 % l’an dernier.

Malgré l’accord de septembre dernier, une guerre des prix – qui profite pour le moment uniquement à la grande distribution et pas aux consommateurs – oppose en effet le groupe coopératif Sodiaal (marque Candia), et le groupe privé Lactalis (marque Lactel), les deux plus importants collecteurs de lait de consommation en France avec respectivement 1,6 milliard et 1 milliard de litres de lait par an.

Lactalis dit s’inspirer de Sodiaal

Le groupe Lactalis, qui respectait jusque-là un accord dont il n’est pas signataire puisqu’il n’est plus adhérent de la Fnil, a décidé de répliquer aux mesures prises au sein de certaines coopératives en appliquant, à compter du 1er mars, une baisse supplémentaire de 3 euros (ce qui ramène le prix moyen payé aux alentours de 300 euros pour 1.000 litres collectés). Il y est conduit parce que, dit-il, « l’accord national signé pour tous les membres de l’interprofession laitière (...) n’est plus respecté aujourd’hui par un grand nombre de coopératives laitières (Sodiaal, Coralis, Ulag, ULPL) ». Le groupe de Laval promet d’ailleurs que si les autres entreprises reviennent sur leur décision de baisse, « les sommes prélevées à ses producteurs feront immédiatement l’objet d’un complément de prix ».

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À la Fédération nationale des producteurs laitiers (FNPL), on indique qu’ « il n’est pas question d’une rénégociation qui aboutirait à un prix du lait à plusieurs vitesses » alors que « la moitié des producteurs sont en-dessous du Smic », comme l’avait affirmé le président Henri Brichart à son récent congrès.

Vive réaction de la FNCL

Pour la Fédération des coopératives laitières (FNCL), la décision de Lactalis n’a pas à « prendre pour prétexte la mesure de gestion interne appliquée par le Groupe coopératif Sodiaal », mesure qui « est financée par les producteurs-propriétaires de l’entreprise : c’est une opération de gestion interne conforme au système coopératif pour faire face à des difficultés ponctuelles sur un marché précis (le lait de consommation MDD et 1er prix). En toute logique, c’est aux actionnaires des concurrents privés rencontrant les mêmes difficultés sur leurs marchés, qu’il appartiendrait de financer un effort similaire. Or, c’est à ses fournisseurs de matière première, les producteurs de lait, que Lactalis a décidé de demander une contribution, profitant de la situation pour réaliser une excellente opération financière ».