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En direct de Bruxelles Désunion et démunis

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Que reste-t-il de « l’esprit de solidarité et de cohésion sociale », moteur à une époque de la construction européenne ? Cette question a été justement posée par un député européen qui, avec ses collègues de la commission parlementaire de l’agriculture, a bien dû se contenter de l’accord sur le maintien pour deux ans seulement, en 2012 et 2013, du programme communautaire d’aide alimentaire aux personnes les plus démunies de l’Union. Un accord à l’arraché qui est le résultat d’une entente forcée entre la France et l'Allemagne, la première acceptant que ce programme ne soit prorogé que de deux ans, en vertu de quoi la seconde a consenti à quitter la minorité de pays qui bloquait le dossier. La déclaration de Paris et Berlin sur ce sujet a dû, en sus, être confortée par une autre déclaration, de la Commission de Bruxelles cette fois-ci, celle-ci promettant, à contrecœur, de tenir compte de l’opposition d’un « groupe significatif » d'Etats membres à toute proposition législative et financière pour un tel programme dans le futur. Et ce « sans préjudice de son droit d'initiative », bien sûr... « Il est inacceptable et difficile de comprendre, au vu de la situation d'urgence, que des pays refusent la solidarité sociale en cette période de crise », s’est insurgé José Manuel Barroso, qui s’est impliqué personnellement dans la rédaction de la déclaration de l’exécutif européen. L’Union souffre de la crise économique et financière, mais aussi, visiblement, d’une crise d’identité.

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