La scène n'est pas inédite : le ministre de l'Agriculture se faisant chambrer par un congrès de FNSEA tandis que le Premier ministre ou le président de la République apparaît en recours, en héros parfois ovationné. Rares sont les ministres de l'Agriculture qui ont échappé à cette épreuve. Si tel était le cas, c'est qu'ils n'avaient pas eu de dossier lourd à gérer. Stéphane Le Foll a dû en gérer deux, particulièrement périlleux. D'une part la réforme de la politique agricole commune ; d'autre part la dimension écologique à laquelle, politiquement, il ne pouvait pas échapper. Et il faut reconnaître que les écologistes n'ont pas allégé leur pression.

Mais le ministre de l'Agriculture a sans doute été piégé par une dimension qu'il aurait dû, avec son entourage, mieux surveiller : les conditions d'application de la nouvelle Politique agricole commune. Des conditions incluses dans les actes délégués à la Commission européenne, c'est-à-dire en quelque sorte les décrets d'application de la réforme de la PAC.

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On le dit souvent, c'est dans les détails que se niche le diable. Les modalités d'application des ICHN, des transferts de droits à primes, les statuts des haies au sein des exploitations, les conditions d'installation des jeunes, etc. trop d'incertitudes demeurent. La FNSEA n'est pas le seul syndicat à s'inquiéter de ces imprécisions à quelques semaines des déclarations PAC. Le syndicat majoritaire affirme avoir alerté le ministère depuis des mois sur ces détails d'application qui n'étaient pas prêts. Des détails qui n'en sont en fait pas, ni pour les agriculteurs ni pour le ministre.