Le 4 septembre, Stéphane Le Foll, ministre de l'Agriculture, effectuait une visite de rentrée au lycée agricole Le Paraclet à Amiens. L'occasion de faire le point sur le plan d'action « Enseigner à produire autrement » en cours de mise en œuvre dans les lycées.
EN visite de rentrée à Amiens dans le lycée agricole Le Paraclet le 4 septembre, Stéphane Le Foll, ministre de l'Agriculture, en a profité pour rappeler que l'enseignement agricole est au cœur de ses priorités. Il s'agit notamment de la mise en œuvre du plan « Enseigner à produire autrement » préparé au printemps 2014. Il doit permettre de porter l'agroécologie dans les lycées. Ainsi deux BTS ont été modifiés : il s'agit du BTSA ACSE (analyse, conduite et stratégie
des entreprises agricoles) et du BTSA Darc (développement de l'agriculture des régions chaudes) qui seront donc délivrés dès 2016 aux étudiants de ces filières. Pour Christophe Dempierre, chargé de mission animation développement des territoires à la Draaf Picardie, « les “nouveaux référentiels” permettent davantage de souplesse et d'initiatives aux enseignants pour adapter les référentiels nationaux aux contextes locaux ».
Formation des personnels
Autre mesure concrète : le déploiement des programmes de formation des personnels des établissements (enseignants, responsables d'exploitation….). À Angers, les enseignants du lycée de Pouillé n'en ont pas encore entendu parler. « On se forme avec les revues spécialisées, avec les professionnels des chambres d'agriculture… », explique Catherine Vandenbempt, enseignante en agronomie et production végétale. « L'auto-formation » du corps enseignant, le ministère de l'Agriculture le souligne aussi dans son dossier de rentrée 2014 : « L'agroécologie n'est pas un champ neuf pour l'enseignement agricole et la recherche agricole. La communauté éducative – enseignants, directeurs d'exploitation, chercheurs – a déjà expérimenté et fait ses preuves en ce domaine ». En outre, les pouvoirs publics appellent les enseignants-chercheurs et chercheurs des établissements d'enseignement supérieur et de recherche agricoles à se mobiliser pour produire de nouvelles connaissances au service de l'enseignement technique.
Soutien accru aux exploitations agricoles des lycées
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Le rôle des exploitations agricoles a été aussi rappelé par le ministre. Les lycées agricoles publics rassemblent plus de 220 exploitations agricoles et ateliers technologiques qui correspondent à plus de 18 000 hectares cultivés. « Le rôle de ces exploitations est essentiel pour l'accompagnement de la transition agroécologique », affirme Stéphane Le Foll. Le ministère de l'Agriculture rappelle que ces fermes contribuent à quatre grands objectifs : « La construction de savoirs généraux, l'acquisition et le développement de compétences professionnelles, l'apprentissage d'habiletés sociales et le développement personnel ». En 2014, 74% des exploitations ont déjà, parmi leurs activités, au moins un projet concernant une orientation agroécologique.
Elan régional indispensable
Au-delà de l'activation des leviers pour la transition agro-écologique, Stéphane Le Foll a aussi insisté sur la nécessité d'un appui régional à la hauteur : « Les initiatives de tous les établissements doivent être animées et coordonnées, dans le cadre d'un programme régional qui est en cours d'élaboration dans chaque région, sous la responsabilité de la Direction régionale de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt (Draaf) ». En mars 2014, une note de service destinée au Draaf avait pour objet « l'élaboration d'un programme régional de l'enseignement agricole pour la transition énergétique et de mobilisation à cet effet des exploitations agricoles et des ateliers technologiques». À ce propos, Christophe Dempierre, explique : « La région Picardie s'est lancé en janvier 2013 sur le sujet avec l'Inra, Agrotransfert Ressources et Territoires, le conseil régional de Picardie, la chambre régionale d'agriculture…. ». Résultats : le programme régional de Picardie conclut sur la nécessité de « renforcer la place des exploitations agricoles et horticoles des établissements. Pour atteindre cet objectif nous devons renforcer la formation et les échanges entre équipes pédagogiques, générales ou techniques, les équipes de direction, les DEA (directions départementales de l'équipement et de l'agriculture) et salariés et des professionnels ». Le message du ministre sur la mission des lycées agricoles et des Draaf pour la transition agro-écologique a bien été entendu.
Une cinquantaine de délégations de jeunes agriculteurs du monde entier ont signé une charte pour promouvoir l'agriculture familiale, lors du sommet mondial des jeunes agriculteurs, le 4 septembre à Bordeaux, organisé par les Jeunes agriculteurs (JA) et Agriculteurs français pour le développement international (Afdi). « Il faut une réelle reconnaissance sociale et juridique du métier d'agriculteur, une politique d'installation forte dans chaque pays, et une politique publique forte, notamment de gestion des marchés », explique Thomas Diemer, président des Jeunes agriculteurs. Pour les signataires, « l'agriculture familiale est une agriculture d'avenir », qui assure l'alimentation locale, et valorise le territoire « aussi bien au niveau écologique, économique que social ». Selon le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll, « nous avons besoin de chefs d'exploitation qui soient responsables de leur activité, c'est la seule garantie de pérennité des exploitations, alors que des investisseurs peuvent partir ».