Le parquet de Niort a ouvert une enquête après la diffusion le 20 août d’une vidéo de L214 montrant des lapins entassés dans des cages dans un élevage de Nueil-les-Aubiers (Deux-Sèvres), a appris l’AFP de source judiciaire le 23 août. Cette enquête préliminaire vise à vérifier l’existence d’éventuels « mauvais traitements animaux » et « si la réglementation a été respectée ou non » dans cet élevage, a précisé la source judiciaire. Après la diffusion de la vidéo, « des agents des services vétérinaires […] ont immédiatement réalisé une inspection dans l’élevage ciblé » et « ont ainsi noté des non-conformités portant sur certains critères réglementaires de bien-être animal », explique la préfecture des Deux-Sèvres dans un communiqué. De son côté, l’éleveur visé a porté plainte pour « violation de domicile », selon la source judiciaire.
Dans son communiqué, L214 précise que les lapins de cet élevage sont « entassés à des densités extrêmes » et pointe l’utilisation « de nombreux médicaments ». En France, « la mortalité dans les élevages de lapins est de 22 % : plus de huit millions de lapereaux meurent ainsi avant d’atteindre l’âge d’être abattus », souligne l’organisation. De son côté, l’interprofession cunicole (Clipp) souligne que « les épisodes caniculaires de cet été avec de fortes chaleurs ont engendré des surmortalités dans les élevages. »
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D’après L214, « 99 % des élevages cunicoles détiennent les lapins en cage. » Elle appelle à signer l’initiative citoyenne européenne « End the cage age » visant à contraindre la Commission européenne « à se prononcer sur l’élevage en cage ». Lancée en septembre 2018, celle-ci a déjà recueilli plus de 1,3 million de signatures. Bruxelles – qui doit décider « des mesures de suivi » à donner au-delà d’un million de signatures – se prononcera le 11 septembre.
Contacté par Agra Presse, le Clipp n’a pas souhaité réagir à la vidéo de L214. L’interprofession rappelle que « la fréquence des traitements a diminué de 50 % entre 2010 et 2015 ». Le plan de filière cunicole prévoit, d’ici 2022, de diviser de moitié l’exposition aux antibiotiques et de porter à 25 % la part de lapins issus d’élevages alternatifs (hors cage).