Le cas de l’élevage de bovins et de sa filière est, d’une certaine manière, représentatif de l’économie française en général. Le constat : une production au savoir faire indéniable qui tend à se replier sur elle-même, avec un potentiel de production qui se réduit et une sorte de crainte à affronter le grand large. Les débats sur l’exportation, l’hésitation, voire les réticences, à investir massivement pour une politique ambitieuse montrent bien qu’on est à la croisée des chemins.
D’un côté il y a le choix d’une filière d’excellence, avec des produits rares mais chers, peu d’éleveurs, des produits destinés à une consommation plutôt élitiste dans le pays. Le reste étant approvisionné par des importations provenant des pays d’Amérique du Sud, mais avec une perte de parts de marché des viandes bovines françaises.
De l’autre, une politique plus conquérante, capable d’être compétitive et aussi d’exporter des viandes et des animaux dans les pays aspirant à consommer de la viande.
Pour ce dernier scénario, il faut être capable d’investir de manière significative, accepter de regrouper des exploitations, faire des efforts renouvelés en génétique animale, se doter d’entreprises puissantes en commerce international, de politiques de marketing innovantes, sans avoir peur d’une certaine standardisation des produits. C’est, au fond, la problématique qui se pose à l’industrie française en général. Il fut un temps où des plans de développement de cette nature étaient possibles. Aujourd’hui, il n’y a plus d’argent dans les caisses de l’Etat pour les financer. Alors, c’est aux privés, à la filière de financer un tel plan. A condition de se mettre d’accord sur les objectifs.

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