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Fromages/Résultats Devenu plus rentable, Bel promet une nouvelle phase de croissance

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Le groupe Bel n’a pu renouveler, comme il en avait d’ailleurs prévenu en octobre dernier, ses performances du premier semestre : sur l’ensemble de l’exercice 2006, son résultat net a quand même été en amélioration de 10,4 %, à 79,4 millions d’euros pour un chiffre d’affaires de 1,777 milliard d’euros. Malgré un climat toujours difficile, l’activité du groupe a bien résisté en Europe et connu une croissance soutenue hors d’Europe. Les investissements réalisés en 2006 à l’international et l’acquisition de la marque Gervais en République tchèque doivent contribuer à une croissance supplémentaire en 2007, promet le groupe.

Le chiffre d’affaires consolidé du groupe Bel, qui avait retrouvé un bon rythme de progression au premier semestre (+3,7 %), n’a finalement progressé que de 2,8 % sur l’ensemble de l’exercice, s’établissant à 1, 777 milliard d’euros contre 1,729 Md en 2005. Et la croissance à taux de change et périmètre comparables a été de 1,9 %. L’activité Fromages a en fait gagné 3,3 %, tandis que le secteur Hors fromages (lactosérum, poudres, …) a reculé de 3,8 % (respectivement +2,6 % et -5,7 % à taux de change et périmètres comparables). L’impact des sociétés turques du groupe Karper et les autres variations de périmètre représentent un surcroît de chiffre d’affaires de 12,2 M EUR, soit 0,7 %.

L’international tire les résultats

La croissance des ventes de fromages est liée, explique Bel, à la bonne tenue des volumes et à l’impact positif du mix des marchés sur lesquels le groupe opère. En Europe, le groupe affiche une bonne résistance dans un climat toujours difficile de pression sur les prix de vente. En Amérique, l’activité reste globalement stable, même si Minibabybel et la Vache qui rit continuent d’afficher de fortes croissances. Dans le reste du monde, et notamment au Proche et Moyen-Orient, les marques du groupe sont également inscrites dans une bonne dynamique de développement.

Le résultat des activités courantes consolidé à 135,1 M EUR est en amélioration de 8,9 % par rapport à 2005 et représente 7,6% du chiffre d’affaires (7,2 % en 2005). Cette performance est liée d’une part aux effets du mix produits et à l’innovation, et d’autre part aux efforts continus de rationalisation industrielle et à la bonne tenue du prix des matières premières, permettant de contenir les coûts de production. Le résultat opérationnel affiche une croissance de 8,3 % à 121,9 M EUR (6,9% du chiffre d’affaires, contre 6,5 % en 2005). Ce résultat tient compte de la fermeture d’un site de production en Allemagne. Le résultat net part du groupe consolidé, à 79,4 M EUR, représente une marge nette de 4,5% du chiffre d’affaires, contre 4,2 % l’année d’avant, et porte le résultat net par action à 11,57 euros, contre 10,48 euros en 2005 et 9,19 euros en 2004.

Bel dispose ainsi d’une structure financière plus saine, les capitaux propres s’établissant fin 2006 à 794,6 M EUR contre 733,8 M un an plus tôt. Avec un cash net de fin de période de 23 M et une ligne de crédit syndiqué négociée en juillet 2005 à hauteur de 400 M EUR et non encore utilisée, le groupe dispose d’une importante capacité de financement pour accompagner sa croissance à l’avenir.

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Rachat de la marque Gervais en Tchéquie

Bel entend poursuivre en 2007 sa stratégie assise sur des marques fortes, différenciées, et sur une innovation importante et des efforts publi-promotionnels soutenus. Le 20 décembre, le groupe a acquis auprès de Danone la marque Gervais en République tchèque, ce qui dote son portefeuille d’une marque-clé de ce pays ; cette opération, explique-t-il, permet à Bel d’atteindre une taille critique (de l’ordre de 20%) sur le marché stratégique du frais à tartiner, marché particulièrement dynamique en Europe de l’Est.

Par ailleurs, les investissements réalisés en 2006 à l’international pour accroître les moyens de production en Egypte et en Algérie, ou la création d’une filiale commerciale au Japon sont autant d’éléments permettant au groupe d’envisager une nouvelle phase de croissance. De même que le développement d’un partenariat industriel au Canada : un fromager local, la société Bergeron, va accueillir une ligne de production de Vache qui rit, permettant de suivre la demande du marché canadien sans quotas alors qu’il était fourni jusqu’ici par les usines de Bel aux Etats-Unis.

Au final, le groupe annonce prudemment dans ses perspectives qu’il s’attend pour l’exercice en cours à une nouvelle « croissance de ses volumes ».