L’alimentation est à la une, difficile d’ignorer les gros titres de la presse à travers le monde. Et pourtant la malnutrition ou les révoltes de la faim ne sont pas des faits si nouveaux qu’ils puissent nous prendre de court. Seulement, ils soulèvent des débats planétaires auxquels notre industrie alimentaire n’a jamais aimé se mêler, contrairement, peut-être, à la profession agricole qui y puisait volontiers des arguments en sa faveur. A ses origines la PAC, faite pour obtenir une sécurité alimentaire qui faisait défaut, a certes rencontré de l’intérêt chez les industriels qui en ont profité pour investir, pour s’insérer dans des filières et pour se structurer et grandir. Mais lorsque la déréglementation l’a emporté, cela a laissé de marbre les entreprises, à quelques exceptions près comme dans l’industrie sucrière. Et à chaque concession de l’Union européenne à l’OMC elles n’ont pas poussé des cris d’orfraie. Leur leitmotiv c’était l’ouverture des frontières pour pouvoir s’approvisionner à bon compte hors d’Europe. Aujour-d’hui, la nouvelle donne des matières premières renverse la perspective et ne permet plus pareille indifférence aux systèmes de régulation. Beaucoup de cloisons sont appelées à tomber, entre les divers mondes, celui de la production primaire et celui des transformateurs qui ne peuvent valoriser leurs investissements sans s’assurer de ressources au moins constantes et à qualité et prix maîtrisés. D’où ce devoir, désormais, d’exercer un lobbying commun avec le monde agricole à l’orée de grandes décisions politiques sur le bilan de santé de la PAC ou sur les négociations à l’OMC.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

industrie
Suivi
Suivre