Six mois désormais pour « consulter », mais les remèdes sont déjà sur la table : déconnecter encore plus les aides agricoles de l’acte de production, supprimer lentement mais sûrement la gestion des marchés, et notamment les quotas laitiers et la jachère. Faussement modeste, le « papier » que Mariann Fisher Boel a fait adopter par la Commission au titre de sa contribution au « bilan de santé de la Pac » ne ressemble nullement à un diagnostic sur l’état de santé, bonne ou mauvaise, de cette politique. Il s’agit encore et encore de la réformer, et toujours dans le même esprit que depuis 2003. Comme si rien n’avait changé de par le vaste monde…

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L’objectif assigné à cette politique apparaît mal, et il n’est sûrement pas d’assurer notre autosuffisance alimentaire ni de nourrir la planète. Les outils de gestion sont simplement passés au crible un à un, mais la refonte, successivement, de chaque OCM (vin, sucre, fruits et légumes,…) s’y employait déjà. On attend la réaction de Michel Barnier, à travers une communication au conseil des ministres cette semaine, ensuite sur le terrain avec ses partenaires européens puis à la tête du Conseil agricole au second semestre pour espérer prendre plus de hauteur. Si l’on se réfère aux discours ambitieux sur la Pac que Nicolas Sarkozy avait prononcés au Medef puis au Space, il aurait fort à faire pour élargir le débat. Déjà il suggère que le redéploiement des aides ne se fasse pas seulement sur les critères environnementaux et il rappelle les besoins patents des filières fragilisées comme l’élevage et il se dit hostile à la suppression des quotas laitiers. La fenêtre de tir qu’ouvrent la nouvelle conjoncture agricole et la panne durable de la négociation OMC est une opportunité qui ne reviendra pas. Mais est-ce pour « tout mettre par terre » ou pour construire ?