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En direct de Bruxelles Dialogue de sourds

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En ce début d’année, la traditionnelle Conférence agricole d’Oxford a permis une nouvelle fois de mesurer le fossé qui sépare les « libéraux », personnalisés en l’occurrence par Caroline Spelman, la secrétaire d’Etat britannique à l’environnement, à l’alimentation et aux affaires rurales, et les tenants d’une Pac encore digne de ce nom, représentés par le commissaire européen Dacian Ciolos. Pour la première, il est grand temps d’en terminer avec la « dépendance aux paiements directs », dont il faut envisager l’abolition. Pour le second, ces aides doivent « certainement être maintenues », avec des ajustements pour qu’ils remplissent correctement leur double fonction : « soutien du revenu » et « reconnaissance pour la fourniture de biens publics non rémunérés par le marché ». La ministre affirme par ailleurs que « la Pac continue de fausser les échanges en maintenant des prix élevés dans l’UE », ce qui se traduit par « le recours à des subventions à l’exportation pour se débarrasser des excédents ». Ce n’est plus le cas, rétorque le commissaire à l’agriculture. « Ce sont les marchés qui sont maintenant la principale motivation des décisions de production, pas les subventions européennes ». « Plus de 90 % des paiements sont découplés de la production », et, en 2010, les restitutions à l’exportation ont été « bien inférieures à 1 % du budget de la Pac », précise-t-il. Ces échanges d’arguments ont-ils finalement quelque utilité ? Sans doute pas, car ce qui a toujours préoccupé les dirigeants britanniques, ce n’est pas la politique agricole en tant que telle, mais le coût de l’Europe. Et, sur ce point, le gouvernement de David Cameron ne déroge pas à la tradition. Il faut dire que, dans sa jeunesse, le premier ministre a rédigé des discours pour... Margaret Thatcher.

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