Après une attente inusitée, le remaniement déclenché par le départ de Gérard Collomb a eu lieu le 16 octobre. C’est à cette occasion que Didier Guillaume a été nommé ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, en remplacement de Stéphane Travert avec qui il a en commun plusieurs années au Parti socialiste.
Âgé de 59 ans, Didier Guillaume a présidé le groupe socialiste au Sénat d’avril 2014 à janvier 2018. Il avait alors annoncé son départ de la vie politique pour prendre la tête du comité d’organisation chargé de piloter la Coupe du monde 2023 de rugby, avant de renoncer et de revenir au Sénat, au sein du groupe du Rassemblement démocratique et social européen.
Conseiller de son lointain prédécesseur Jean Glavany de 1998 à 2002, Didier Guillaume a longtemps présidé le conseil général de la Drôme (2004-2015), un département rural. Il a été corapporteur du projet de loi d’avenir pour l’agriculture, l’alimentation et la forêt au Sénat en 2014.
Son nom avait été évoqué à plusieurs reprises lors du précédent quinquennat pour occuper cette fonction. Fidèle de François Hollande, il avait rejoint courant 2016 Manuel Valls qui en avait fait son directeur de campagne pour la primaire socialiste.
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Une priorité, la loi Egalim
Dès sa nomination Didier Guillaume a fait une première déclaration pour indiquer quelles seront ses priorités. « J’ai entendu le débat au parlement sur la loi Egalim. Nous allons regarder, en relation avec le Premier ministre, comment on peut améliorer deux, trois points qui permettraient de mieux faire bouger certaines choses. Mais, la feuille de route c’est le programme présidentiel et la conclusion des États généraux avec la loi Egalim », a déclaré le nouveau ministre.
Affirmant qu’il ne cédera à « aucun lobby », Didier Guillaume a insisté pour ne pas opposer les modèles agricoles. « L’agriculture française, c’est deux choses : c’est la compétitivité économique et l’export, et en même temps c’est le lien local, c’est l’agroécologie qui est tellement importante dans notre pays » a-t-il ajouté.
Sa nomination a été plutôt bien accueillie par le monde syndical agricole. L’Ania, de son côté, « se tient prête à travailler de manière constructive avec le nouveau ministre », d’après un communiqué. « Nous serons ravis de l’accueillir à l’occasion du premier salon alimentaire mondial (SIAL) qui commence ce dimanche pour lui présenter la richesse et la modernité de nos produits et le dynamisme de nos entreprises notamment à l’export », a déclaré Richard Girardot, président de l’Ania. Le syndicat a par ailleurs rappelé qu’il fallait que la loi Egalim soit « effective » et « contrôlée » et que « les abus éventuels soient lourdement sanctionnés. »