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Biodiesel Diester industrie veut relancer la production française de biodiesel

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Lors d’une réunion régionale de Proléa, le 6 mars en Picardie, les représentants de la filière française des huiles et protéines végétales ont fait le point sur leurs marchés, offres de contrats et perspectives. Moment important de la réunion, la présentation des contrats proposés par Diester industrie aux organismes stockeurs pour la saison culturale en cours 2011/2012. Une activité biodiesel que la filière s’efforce de relancer après une année de production 2010/2011 en demi teinte.

«Nous offrons des contrats triennaux aux organismes stockeurs (OS) pour des colzas et tournesols destinés à la production de diester depuis 1995 », a indiqué Bernard Nicol, directeur général de Diester industrie. Il s’exprimait lors de la réunion régionale de Proléa en Picardie le 6 mars. L’occasion pour lui d’annoncer que Diester industrie proposait aux OS un contrat dont les prix allaient de 485 à 497€, au 15 février dernier, pour chaque tonne de colza qu’ils s’engageraient à livrer.

Proposer des contrats suffisamment tôt
Vu l’évolution haussière du marché des oléagineux, et après intégration au prix de différentes primes, Bernard Nicol a indiqué que les contrats colza proposés par Diester industrie pourraient culminer autour des 500€/t cette année. Toujours à la date du 15 février, le prix proposé aux OS par Diester industrie pour du tournesol sous contrat était de 471€/t. Des prix plutôt attractifs visant à endiguer la baisse des engagements à la livraison que subit la filière. « On observe une chute brutale des volumes engagés par les OS à destination de Diester industrie après la campagne 2009/2010 », a expliqué Bernard Nicol. L’équivalent surface des tonnages engagés est ainsi passé de 518 400ha en 2009/2010 à 323 900ha en 2010/2011, puis à 152 700ha en 2011/2012. Selon Bernard Nicol, ces baisses sont liées à la fin des obligations de jachères, ainsi que de la prime aux cultures énergétiques. De plus, Bernard Nicol a reconnu que « l’an dernier l’accord sur les contrats est arrivé un peu tard pour que les OS s’engagent, mais cette année il est prêt à temps ».

Le biodiesel reste un bon débouché pour les huiles européennes
« Sur 30Mt d’huiles produites dans l’UE à 27, 9 Mt sont destinées à la production de biodiesel », a indiqué Marc Vandecandelaere, directeur commercial de Diester Industrie. Cependant, en 2011 la production d’ester de Diester industrie a marqué le pas, à 1,3Mt, en baisse de 21% par rapport à 2010. Selon Marc Vandecandelaere, « la dernière belle année de production d’ester en France a été 2009 avec 1,7Mt produites ». Soulignant que la capacité des outils français d’estérification des huiles était de 1,9Mt en 2009, il a expliqué que 2011 aurait dû être une année exceptionnelle de production. En effet, cette année-là, un taux d’incorporation de 7,6% de diester dans le diesel en France avait été imposé. De plus, l’obligation d’incorporer de 5,75 à 7% de diester dans le gazole non routier et une bonne récolte française d’oléagineux auraient dû constituer une année phare pour la production de diester à base d’huile végétale de colza et de tournesol en France. Mais, au contraire, la production a reculé.

Un double comptage des huiles usagées limitant les débouchés
En octobre 2010, anticipant une directive européenne, la France a pris, dans sa loi de finance, une disposition permettant le double comptage des esters méthyliques d’huiles usagées (EMHU) et d’huiles animales (EMHA). Cette disposition permettait de compter deux fois ces « huiles déchets » dans le taux d’incorporation d’ester dans le diesel. Ceci a amoindri la production d’ester d’huiles végétales en France, limitant les débouchés pour les oléagineux. Dénonçant le manque d’indications quant à la définition précise des EMHU et EMHA, Marc Vandecandelaere a expliqué que la France était devenue la plus importante importatrice d’huiles destinées au double comptage en 2011, et que parfois il était difficile de savoir si ces huiles, dans le cas des EMHU, étaient vraiment usagées. Mais il a rassuré en soulignant que la filière avait obtenu en 2012 que soit plafonnée l’incorporation de ces huiles usagées et animales à 0,35% du pouvoir calorifique inférieur (PCI) du gazole sur un taux d’incorporation de 7% du PCI pour les esters méthyliques d’acides gras (EMAG) en général. Ainsi, Marc Vandecandelaere a indiqué que le marché des esters méthyliques d’huiles végétales devrait regagner 500 000t de parts de marché en 2012.

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