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Edito Diète et cerveau

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Avec la grippe aviaire il y a un an, on craignait une pandémie, maintenant un congrès tenu à Sydney parle également de pandémie mais à propos de l’obésité qui, selon un universitaire australien, se propage partout de façon « insidieuse et rampante ». L’Occident nanti avait montré la voie, mais les pays en développement emboîtent le pas, remarquent à juste titre les « experts » qui se réunissent ainsi tous les quatre ans depuis leur première session à Paris en 1998. Soit, et on ne contestera pas davantage l’évaluation récente de l’OMS pour qui le nombre d’obèses dépasse maintenant celui des personnes souffrant de malnutrition (!)

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Mais de là à suivre ces « experts » (toujours), en l’occurrence un ancien conseiller de Tony Blair, qui en profitent pour accuser l’ensemble de nos politiques agricoles, cela ressemble à un raccourci pas tout-à-fait innocent : ainsi on nous explique que « l’argent des contribuables a surprotégé tous ces éléments de la chaîne alimentaire qui provoquent aujourd’hui l’épidémie d’obésité (surproduction d’huile, de graisse et de sucre…) ». Curieux, on n’évoque ni le blé, ni le riz, ni la viande ni les œufs… En réalité, dans une telle enceinte on risque de tout voir et de tout entendre, depuis « l’impact de la surcharge pondérale sur la confiance en soi» des petites filles au Royaume-Uni (étude de l’Université de Leeds) jusqu’au risque de dépression qui est « supérieur à la moyenne chez les femmes confrontées à un problème de surpoids». Regrettons quand même que le neurotoxicologue français Jean-Marie Bourre, le découvreur des Oméga 3, n’ait pas montré à ces experts que le diktat de la minceur fait aussi plus de dégâts qu’on ne pense, en particulier sur le moral et… le développement intellectuel (cf La Nouvelle diététiquedu cerveau chez Odile Jacob). Et que n’a-t-on convié aussi des experts en politique agricole ou en développement !