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Difficile de concilier contraintes économiques, environnementales et sociales dans le développement agricole

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L’association Agriculteurs français développement international (AFDI) organisait le 30 juin une table ronde sur les partenariats public-privé dans le développement agricole international. Un partenariat jugé inégal parfois, semble-t-il.

« Le secteur privé rentre de plus en plus dans le secteur du développement », dont celui du développement agricole, constate Odile Conchou, responsable de la division « environnement, social, gouvernance et impact » chez Proparco (ex Agence française de développement), lors d’une conférence de l’association Agriculteurs français développement international (AFDI) le 30 juin. Vincent Ribier, chercheur au Centre de coopération international en recherche agronomique pour le développement (CIRAD), fait le même constat : « les États du Nord n’arrivent pas à mobiliser les ressources promises » lors de la Nouvelle alliance pour la sécurité alimentaire et la nutrition (Nasan) en 2012. « Ils admettent de devoir faire appel au financement privé », continue-t-il. Les engagements de la Nasan sont plutôt « asymétriques », selon lui, car « les gouvernements ont un suivi beaucoup plus précis (cadre réglementaire, fiscale) que les privés où il n’y a pas de contrôle ». Ces financements croisés posent aussi la question « de l’accès aux ressources » comme le foncier, la biodiversité, l’eau, avec « des garde-fous peu clairs », explique-t-il. Les entreprises privées prennent souvent le relais du service public. Odile Conchou explique que la Proparco conditionne les prêts à une série de contraintes sociales et environnementales.

Sur-détermination des aspects économiques

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« Il faut être cependant réaliste et aller vers un compromis » entre les enjeux, relève Odile Conchou et d’ajouter que « le pas de temps du financier n’est pas celui de l’environnement et du social ». Vincent Ribier le confirme : « Il y a une tension entre long et court terme. Cette tension, on la perçoit aussi entre les organismes de financement […] Les fonds d’investissement font plus du social, en tout cas dans l’affichage car bien souvent ce sont les intérêts économiques qui l’emportent. Dans les rapports d’activité de la Nasan, il n’y a aucun indicateur sur les objectifs sociaux et environnementaux, ce qui montre une sur-détermination des aspects économiques ». Jean-Luc Duval, vice-président de la coopérative Agrial, avoue l’intérêt que porte la coopérative à l’Afrique et le fait que la coopérative « est là pour faire du business ». « Nous avons beaucoup pensé à l’Asie », observe-t-il, reconnaissant cependant le manque de stabilité de la zone, préférant le continent africain plus proche. « On se dit que l’on a une capacité à aller ailleurs pour pouvoir faire du business », continue-t-il, même si, pour lui, « il n’est pas sûr que les adhérents soient encore prêts à aller sur des coopératives transnationales ».