Les uns rient, les autres pleurent. Les producteurs américains de viande bovine, à l’instar de Smithfield ou de Tyson, ont raison de se frotter les mains car leurs ventes de T-bones et autres steaks s’envolent. Joseph Luter, président de Smithfield, se demande, amusé, à quel phénomène attribuer ce succès, qui fait grossir ses résultats. « Est-ce le régime Atkins, ou je ne sais quoi d’autre ? », plaisante-t-il. Les boulangers et les fabricants de pâtes connaissent la réponse, qui voient, outre-Atlantique, fondre la demande de leurs produits riches en sucres lents. C’est que ceux-ci ont été formellement déconseillés à la consommation de qui veut perdre du poids, par le bon docteur. Pourtant sa diète ne lui avait pas vraiment porté chance puisqu’il avait souffert d’une attaque cardiaque avant de succomber, l’an passé, à une vilaine chute.
Foin d’ironie. Tous ces porteurs de bons conseils oublient qu’il est une première règle à respecter : éviter l’obésité en adoptant une alimentation modérée, variée et équilibrée, pour n’avoir pas à se soumettre plus tard à des régimes parfois fort extravagants et dont on peut se demander s’ils ne nuisent pas à la santé de ceux qui s’y plient. Après Atkins, quel sera le nouveau gourou d’une énième mode de diététique ? Peut-être bien cet Indien, sans doute « original » et mystificateur, qui prétend avoir pu survivre 68 ans sans manger, boire ni se soulager… Si les adeptes des régimes, qui pèchent par ignorance, parviennent parfois à perdre du poids, les entreprises, elles, ont tout lieu de se préoccuper, au nom de leur bonne forme à elles, de ces diktats.