La production allemande de blé meunier est menacée par de nouvelles règles environnementales issues de la directive européenne nitrates, considère la principale maison de négoce outre-Rhin ADM Germany (ex-Toepfer). « La forme actuelle du projet de réglementation (sur les nitrates) doit être regardée d'un œil très critique, car elle menacerait le rôle de l'Allemagne en tant que gros fournisseur de blé meunier dans le monde », selon une note de marché mensuelle. Le précédent danois est mis en exergue. Une limitation des apports d'engrais est appliquée, chez le voisin du nord, depuis le début des années 90. Résultat, le taux de protéines du blé affiche une baisse constante, de 12 % en 1992 à seulement 8,4 % en 2014, selon ADM. « Quand bien même ce blé (danois) est utilisé dans les rations pour animaux, il est 10 euros la tonne moins cher que le blé fourrager allemand, car les fabricants doivent acheter du soja en supplément pour corriger le manque de protéines », souligne la note. Aujourd'hui, le Danemark est contraint d'importer du blé meunier, alors qu'au milieu des années 90, le pays en exportait autour de 200 000 tonnes, indique le négociant. Le même type de scénario est redouté en Allemagne. ADM brandit le spectre d'importations « massives » de blé, avec aussi une hausse du prix des produits de boulangerie.
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