Soudain, tout le monde découvre les vertus de la contractualisation. Il était temps ! D’autant plus temps que cette contractualisation existe depuis plusieurs années dans plusieurs coopératives et sans doute quelques entreprises privées aussi. Ainsi, la Sicarev, groupement coopératif basé à Roanne propose de véritables formules à la carte qui peuvent s’appliquer aux jeunes bovins, selon les poids carcasse, les périodes de sortie et la nature de la garantie de prix. Ce prix est fixé en fonction d’un objectif de marge ou d’une prise en compte des coûts de production, etc. L’ensemble est très abouti, présenté en quelque sorte à la manière de produits financiers, selon le type d’investissements que l’on veut engager.
Pourquoi ce type de contrat, dont l’avantage est aussi grand pour la coopérative (elle peut gérer sa production et mieux saisir les opportunités commerciales) que pour l’éleveur (il sait où il va en matière de revenu), n’est-il pas plus répandu ? Ce n’est pas par incapacité à mettre au point des produits. C’est, plutôt, par culture. Exactement comme les entreprises d’aliments du bétail qu’évoque Philippe Mangin, président de Coop de France, qui gèrent des centaines de milliers de tonnes de grains sans avoir la culture de systématiquement faire appel aux marchés à terme.
Ces contrats, qu’il faudra sans doute adapter en fonction de ce que prévoit la loi de modernisation, représentent en tout cas un outil d’avenir mais ils ne sont pas tout. Ils n’auront leur utilité que si les signataires observent la discipline de les respecter. Et renoncent à les remettre en cause dès que les prix de marché flambent. Cela s’est vu.
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