La nomination de Dacian Ciolos comme commissaire européen à l’agriculture est une bonne nouvelle pour la France et pour les partisans de la régulation des marchés agricoles. Une bonne nouvelle aussi pour tous ceux qui prônent une modernisation raisonnée de l’agriculture, Dacian Ciolos s’étant passionné pour le bio et ne refusant pas pour autant l’utilisation de technologies comme les OGM.
Pourtant, cette nomination n’a pas suscité en France beaucoup de réactions de satisfaction. Le ministre de l’agriculture Bruno Le Maire a, certes, salué le futur commissaire lors d’une réunion conjointe avec la ministre espagnole de l’agriculture. Mais, du côté des organisations agricoles majoritaires, dont certains responsables avaient même fréquenté Dacian Ciolos, c’est plutôt la discrétion.
Sans doute ne veut-on pas afficher de satisfaction trop tôt, la nouvelle Commission n’étant pas encore définitivement nommée avec la répartition des postes prévus. L’histoire de l’actuelle commission a montré qu’un titulaire de poste pouvait être changé ou renvoyé à ses chères études entre le moment où il est annoncé et le moment où il entre effectivement dans son bureau. La personnalité de Dacian Ciolos ne convient pas, on le sait, au parti anglo-saxon et anti-régulateur qui a le vent en poupe à Bruxelles. Un courant qui aurait préféré un profil à la Mariann Fischer Boel. Clamer trop fort sa satisfaction pourrait braquer bon nombre de députés européens même si la commission de l’agriculture du parlement de Strasbourg a un préjugé plutôt favorable. Il suffit de voir à quel point Nicolas Sarkozy a suscité les hauts cris des Britanniques en présentant la nomination de Michel Barnier comme une victoire des idées françaises de régulation. A certains moments, il faut savoir cultiver la discrétion.

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