A l’invitation du Portugal, qui assure la présidence de l’UE jusqu’à la fin de l’année, les ministres européens de l’Environnement devaient se retrouver à Lisbonne, à partir du 31 août, pour des discussions informelles sur les pénuries d’eau et les sécheresses. Ils devaient notamment évoquer le rôle de la réforme de la Politique agricole commune en vue d’une meilleure gestion des ressources en eau et la mise en chantier éventuelle d’une directive sur les sécheresses.
Plus de 37 % du territoire européen (800 000 km 2) sont désormais à la merci des sécheresses. Au bas mot 100 millions d’Européens (20 % de la population) ont dû faire face, ces dernières années, à des pénuries d’eau, que ce soit en Autriche, en Belgique, à Chypre, en France, en Allemagne, en Hongrie, en Italie, en Lituanie, à Malte, aux Pays-Bas, au Portugal, en Espagne, ou encore au Royaume-Uni. La pression démographique entraîne des déficits en eau, y compris dans des régions pourtant exposées à des pluies abondantes, souligne un document de travail soumis aux ministres pour les accompagner dans leurs discussions informelles. Ces trente dernières années, ces phénomènes ont coûté, selon une évaluation de la Commission de Bruxelles, plus de 100 milliards d’euros.
La Commission européenne, avec le soutien de la présidence portugaise de l’UE, estime désormais que les actions au niveau des Etats membres ne sont plus suffisantes et qu’il est nécessaire de légiférer au niveau communautaire pour assurer une meilleure gestion des ressources. Le ministre de l’Environnement portugais Francisco Nunes Correia devait notamment soulever l’idée d’une directive sur la gestion des sécheresses à l’instar de celle mise en place pour les risques d’inondation.
Encourager les agriculteurs
Mais l’agriculture, qui absorbe à elle seule les deux tiers de l’eau consommée en Europe, devait aussi être abordée par les ministres. Le commissaire européen à l’environnement Stavros Dimas, dont plusieurs des travaux Voir n°3113 du 16/07/07 devaient servir de base aux discussions, devait rappeler la chance que représente le bilan de santé de la politique agricole commune pour une meilleure prise en compte par ce secteur de la rareté de cette ressource, l’utilisation systématique du découplage total des aides étant la principale mesure évoquée. Selon la Commission, le lien entre les paiements directs et la production a encouragé les agriculteurs à maintenir des cultures fortement consommatrices en eau dans des zones où l’eau est un bien précieux.
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Le découplage permet, selon l’exécutif européen, de tourner la page des choix de production liés à l’attente d’un chèque venant de Bruxelles et donne la possibilité aux producteurs d’essayer des cultures plus adaptées aux conditions climatiques. De plus, le fonds de développement rural devrait être lui aussi mis à contribution, estime la Commission, par une augmentation des crédits attribués à des investissements destinés à améliorer la gestion de l’eau. Par ailleurs, la question du prix de l’eau devait, elle aussi, être mise sur la table des discussions à bâtons rompus auxquelles devaient se prêter les ministres.
Développer une politique européenne spécifique
Une série de questions devaient être soumises par le Portugal : les options présentées par la Commission répondent-elles aux préoccupations des Etats membres relatives aux problèmes de pénurie et de sécheresse ? Quelles sont, parmi ces options, celles qui devraient être plus particulièrement prises en considérations et développées ? La directive cadre, plus orientée vers la qualité que vers la quantité de l’eau, peut-elle apporter des éléments de réponse aux problèmes de sécheresse ? Faut-il développer une politique européenne spécifique sur la sécheresse ?