« L’alimentaire reste aujourd’hui le cœur de la rentabilité de la grande distribution », constate Philippe Boyer, secrétaire général de l’Observatoire de la formation des prix et des marges (OFPM) lors de la présentation de leur rapport annuel qui présente « les marges nettes par rayon alimentaire frais des grandes et moyennes surfaces (GMS) ».
Ce travail met en évidence « de grands équilibres habituels entre rayons » qui restent toutefois assez disparates. En effet, seuls quatre rayons contribuent à rendre positive la marge nette des distributeurs (voir tableau) qui progresse de 0,4 % entre 2015 à 2016 à 1,70 € pour 100 € de chiffre d’affaires (CA).
C’est le cas des rayons volailles et charcuterie qui bénéficient d’un taux de marges brutes élevé et contribuent très fortement à la marge nette des distributeurs (respectivement 18 % et 46 %) en comparaison du poids de ces rayons dans le chiffre d’affaires de la distribution (respectivement 6 % et 16 %). Ces bons résultats permettent à « l’univers viande d’être globalement positif » en compensant « un rayon boucherie toujours en peine ». En effet, la marge nette de la boucherie demeure négative en raison de frais de personnel importants liés à la découpe et l’élaboration des produits directement en magasin.
Second contributeur à la rentabilité des GMS, le rayon fruits et légumes voit ses résultats s’améliorer grâce à une marge nette en progression d’un point par rapport à 2015.
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Côté produits laitiers, « le rayon renoue avec des résultats plus habituels » grâce à une marge nette en augmentation de 1,4 % par rapport aux deux années précédentes, mais qui demeure « encore inférieure aux niveaux observés sur 2011-2013 ».
À l’inverse, le rayon boulangerie-pâtisserie-viennoiserie est un « rayon d’appel » à forte valeur ajoutée, mais qui opère une marge nette négative du fait « du poids de la main-d’œuvre dédié ».
Dans l’ensemble, en pondérant les résultats des rayons par leurs poids dans les ventes, « l’alimentaire est encore un secteur relativement rentable comparativement aux autres rayons de la grande distribution », observe l’économiste, « distribution qui s’est fait tailler des croupières sur d’autres produits » par des enseignes spécialisées, notamment pour l’électroménager, et par le commerce sur internet.
« L’alimentaire est encore un secteur relativement rentable comparativement aux autres rayons de la grande distribution. »