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Débat Divergence sur les pesticides et les OGM en agriculture durable

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Aux Rencontres de l’agriculture durable, l’intervention d’experts étrangers a montré quelques divergences dans la conception de ce qu’est l’agriculture durable à travers le monde.

La France n’a pas l’apanage de l’agriculture durable. Loin de là. Les rencontres de l’Institut de l’agriculture durable, organisées le 23 janvier à Paris, l’ont rappelé. La présentation d’une association argentine et le témoignage d’un Américain ont montré qu’outre-Atlantique l’idée d’une agriculture durable est beaucoup conceptualisée. Avec une philosophie légèrement différente. En témoigne la controverse qui a agité la salle pendant quelques minutes. « En Amérique du Sud, avait signalé Vincent Tardieu, journaliste et auteur de Vive l’agro-révolution française, les standards ne sont pas les mêmes qu’en France : l’agriculture de conservation s’accompagne là-bas d’un niveau d’herbicide élevé et de l’emploi d’OGM ».

OGM : ni interdits ni indispensables

Amir Kassam, expert de la FAO a souligné, en réponse, « séparer les OGM des systèmes agricoles durables, c’est UNE conception des choses. Il est vrai qu’en Amérique, les OGM sont utilisés. Mais en Europe, vous n’en avez pas. Cela montre qu’on peut avoir des systèmes durables sans OGM. » Et d’ajouter : « Les OGM ne sont pas un élément indispensable des systèmes durables ». Quant à Rattan Lal, de l’université de l’Ohio, il a réagi en précisant : « Certes les OGM ne sont pas totalement exempts de risques. Mais il ne faut pas oublier que l’alimentation est le premier besoin de l’homme », et « qu’avec 10 milliards d’habitants en 2050, nous n’avons pas beaucoup de flexibilité ». À sa manière, Stéphane Le Foll, en clôture de ce colloque, a abordé le sujet en réaction à une lettre ouverte qui lui a été adressée le 22 janvier : « On me met en garde sur les risques du non-labour avec cette idée, qui peut être à l’origine du non-labour, qu’on va mettre des herbicides. Et on considère (que cela) peut comporter des dangers. » Le ministre a confié ne pas comprendre la controverse : « Comment expliquer qu’il serait moins écologique de faire travailller les lombrics que d’avoir recours au tracteur et à la charrue ? », a-t-il conclu.

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