Rarement une réforme aura suscité autant de divergences au sein des mêmes camps que la réforme des marchés d’intérêt nationaux. Divergence au sein de l’UMP, divergences au sein du gouvernement, au sein du monde agricole, au sein des entreprises de distribution… Si elle laisse certains acteurs indifférents, elle passionne les autres dont le lobbying a été actif. Assemblée nationale et Sénat eux aussi n’étant pas d’accord, une « commission mixte paritaire » tentera de les concilier avec un résultat qu’on ne peut deviner.
De quoi s’agit-il ? Tout simplement de donner ou non liberté aux grandes centrales d’achat du type Metro ou quelques autres de faire ce métier dans des zones où, pour l’heure, les MIN ont l’exclusivité. Et ce sont des zones majeures puisqu’il s’agit des grandes villes, dont la capitale et sa banlieue.
En somme, après avoir laissé se réformer le commerce de détail avec une montée en puissance de grandes enseignes, on poursuivrait cette réforme au niveau du commerce de gros.
La mutation est plus importante qu’il n’y paraît. Elle est, surtout, structurelle pour la société et l’économie française des biens de consommation. C’est justement pour cela qu’elle suscite des divergences au sein des mêmes filières, des mêmes corporations. En remettant en cause, le cas échéant, ces MIN, c’est aussi et surtout le symbole qu’est Rungis qu’on touche, et avant Rungis, c’étaient les Halles de Paris, une image bien française, avec son charme imprégné aussi de clair-obscur, pas très moderne. Mais avant de tourner le dos à cette tradition, le monde agricole a intérêt à réfléchir à la manière dont il a négocié le virage des grandes surfaces lorsqu’elles ont pris l’ascendant sur le petit commerce.

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