Le premier échange de vues des ministres de l’agriculture des Vingt-sept, le 19 janvier à Bruxelles, sur le rapport de la Commission européenne consacré aux prix alimentaires en Europe et à l’amélioration du fonctionnement de la chaîne d’approvisionnement a mis en évidence les divergences habituelles entre les Etats membres sur la nécessité de recourir à des instruments de régulation.
La situation du marché doit faire l’objet d’un suivi précis pour minimiser la volatilité des prix et éviter la spéculation : la plupart des ministres de l’agriculture de l’UE sont tombés d’accord au moins sur ce point, après la présentation par la commissaire européenne Mariann Fischer Boel de la communication sur les prix et la chaîne d’approvisionnement alimentaires adoptée en décembre dernier par la Commission à la demande du sommet européen de juin 2008.
Plusieurs d’entre eux ont plaidé pour plus de régulation, tandis que d’autres ont jugé suffisants les instruments actuels de gestion du marché.
« Une idéologie libérale décalée », regrette la France
De nombreux ministres ont également insisté sur la position de faiblesse des producteurs face à la grande distribution, notant que, en cas de baisse des prix, celle-ci devait se refléter tout au long de la chaîne d’approvisionnement et pas seulement au niveau des agriculteurs.
Michel Barnier a ainsi relevé l’importance des organisations de producteurs pour renforcer la position de négociation des agriculteurs. De façon générale, le ministre français a jugé le document de la Commission « très traditionnel » en ce qu’il rappelle encore « les vertus du libre-échange ». Alors que le besoin de régulation se fait de plus en plus sentir, « ce texte est très imprégné d’une idéologie libérale qui me paraît décalée », a-t-il dit devant la presse.
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« Nul besoin d’une régulation trop étroite », a estimé, en revanche, son homologue tchèque, Petr Gandalovic, qui présidait les travaux, tandis que la ministre néerlandaise, Gerda Verburg, a souligné que les différents acteurs de la chaîne d’approvisionnement devaient avant tout être compétitifs.
Quant à Mme Fischer Boel, elle a surtout noté que la formation des prix devait être rendue plus transparente. La commissaire à l’agriculture a aussi rappelé qu’il revenait aux Etats membres de lutter contre les pratiques anti-concurrentielles.
Sur la base de la feuille de route qu’elle propose dans sa communication pour améliorer le fonctionnement de la chaîne d’approvisionnement, la Commission présentera avant la fin de l’année un rapport sur les actions qui peuvent être entreprises dans ce domaine.