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RÉSULTATS-STRATÉGIE/COOPÉRATIVE DIVERSIFIÉE Diversification, internationalisation au cœur du plan InVivo 2015

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Le groupe coopératif InVivo, issu des métiers du grain et leur commercialisation, qui s'est élargi aux semences et agrofournitures végétales, à la nutrition et santé animales ou à la distribution verte, veut encore aller plus loin dans l'offre qu'il propose à ses adhérents et clients tout en poursuivant son internationalisation, par de nouvelles implantations hors des frontières ou via de nouveaux partenariats. Le groupe, malgré une année de turbulences liées à la volatilité, pense avoir la structure financière pour répondre à ses ambitions.

LES dirigeants d'InVivo n'ont pas manié la langue de bois en présentant devant la presse le bilan de l'exercice achevé le 30 juin et qui a vu le résultat net de l'ensemble du groupe fondre drastiquement, passant de 4,6 M€ fin juin 2012 à 100 000 € un an plus tard. Le résultat d'exploitation n'est guère plus flatteur, ayant chuté de 14,3 M€ à 2,6 M€. Pour Jérôme Duchalais, directeur général adjoint en charge des grandes directions fonctionnelles, l'exercice 2012/2013 a été marqué « par une année difficile pour l'activité trading, confrontée à une absence de tendances claires sur les marchés, rendant les prises de position complexes ce qui complique la gestion des risques ». Les contre-performances de cette activité grains qui a généré un chiffre d'affaires de 2,5 Md€, en augmentation de 15% est largement responsable du résultat global quasiment nul. Les autres divisions ont connu des fortunes plus heureuses. InVivo Agro avec des ventes en hausse de 6% à 1,7 Md€ et In Vivo Nutrition animale, malgré un repli de ses ventes de 1% à 1,4 Md€ ont des résultats satisfaisants. La division grand public gagne 8% et arrive à 0,5 Md€. Au total, le chiffre d'affaires progresse de 8,3% à 6,1 Md€. L'exercice offre également d'autres motifs de satisfaction, insiste Thierry Blandinières. Ainsi les ristournes versées aux coopératives adhérentes atteignent le niveau exceptionnel de 81 M€, contre 72,3 M€ en 2012 et ont presque doublé sur 5 ans. De même, les capitaux propres sont stables à 413 M€, l'endettement net est en recul de 53 M€ sur 2012 et de 82 M€ sur deux ans pour atteindre 365,0 M€. Cela est dû largement à une diminution du besoin en fonds de roulement de 69 M€ (100 M€ gagnés en 2 ans). « Grâce à cette structure de bilan solide, le groupe est à même de poursuivre son développement et à faire face aux risques inhérents aux activités qu'il porte ».

POURSUIVRE L'INTERNATIONALISATION

En 2013, le groupe a réalisé 42% de son chiffre d'affaires à l'international (2,6Md€), soit en exportations soit par ses implantations dans 19 pays dans le monde. La progression des ventes à l'international a été en 2013 de 11%. L'activité de commerce international des grains a connu un accroissement de 19 % des volumes de grains exportés (8,6 millions de tonnes) et une hausse de 15 % de son chiffre d'affaires (2,5 Md€). La création de filières à l'export et la poursuite des investissements dans la logistique et le stockage vont permettre de mieux sécuriser en 2014 le profil de risque d'InVivo Grains. Les partenariats avec Toepfer via une coentreprise dont il détient indirectement 20% aux côtés d'une filiale d'ADM ou avec le britannique Gleadell (détenu à 50%) ou le marocain Mass Céréales pour le stockage vont être poursuivis. Tout comme les alliances avec les instituts de recherche et les grandes universités. Ce mouvement sera particulièrement marqué pour la division santé et nutrition animale, en favorisant les présences locales plutôt que les exportations. Des discussions sont par ailleurs en cours avec ADM, par delà des alliances capitalistiques pour réfléchir à de nouvelles formes de partenariat, notamment dans la zone de la mer Noire « où il y a une carte importante à jouer car elle représente une zone où ne nous pouvons pas ne pas être présent », insiste Philippe Mangin, président d'InVivo

INVIVO VA TESTER DES MAGASINS DE VENTE DE PRODUITS ALIMENTAIRES

« Constatant que les magasins Gamm Vert, réalisent avec la vente de produits alimentaires dits de terroir, 10% du chiffre d'affaires de l'enseigne qui est de 1,1Md€, nous réfléchissons à un nouveau type de magasins dédiés uniquement à l'alimentaire », a révélé Thierry Blandinières. La démarche consistera à construire via des franchises accordées aux coopérateurs une enseigne à vocation nationale. Entre deux et quatre magasins pilote vont être lancés en 2014, dont le premier devrait s'installer près de Blagnac, dans la périphérie de Toulouse. « Nous visons des implantations en bordure de grandes villes de province. La surface de ces magasins se situerait aux alentours de 1000 m2 avec pour objectif un chiffre d'affaires de 5 M€, ce qui est assez ambitieux ». Le directeur général d'InVivo se veut toutefois confiant, disant pouvoir s'appuyer sur le savoir-faire de Gamm Vert et de ses 1 026 magasins. Le nom de code de cette opération est « Ma ferme », mais cela ne préjuge en rien du nom définitif de la future chaîne. Pour sa part, Gamm Vert proposera encore des produits de la ferme et entend poursuivre sa progression de ventes avec l'intégration des jardineries Plantes et jardins qui à terme vont être renommées Gamm Vert.

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Le groupe doit également faire face à une volatilité croissante des cours. « Les amplitudes sur le blé étaient de 1€ la tonne, il y a quelques années, elles sont désormais de 50€ », constate Thierry Blandinières. Il faut en tirer les conséquences économiques. Cela doit se traduire par une évolution du mix client/produit. Ne pas reposer à 70% sur le blé, dont 30% à destination de l'Algérie, mais s'ouvrir à des matières comme le maïs ou les oléagineux. Le groupe entend d'ailleurs revoir sa contractualisation en cours avec les coopérateurs pour les inciter davantage vers des contrats au jour le jour. « Cette nouvelle forme de co-contractualisation ne doit pas seulement toucher les petits producteurs mais pourrait également intéresser des acteurs majeurs de la coopération comme Axéréal », estime Philippe Mangin. Dans la même optique Thierry Blandinières veut mieux valoriser le deuxième métier du groupe que sont les semences, « véritable pépite », pour lequel il entend mener une réflexion stratégique tant en France qu'à l'international.

CRÉER UNE MAISON DE L'INNOVATION

L'innovation est également une des voies d'avenir. Le groupe essaie ainsi de trouver des matières premières alternatives au grain pour la nutrition animale. InVivo veut ainsi créer une maison de l'innovation qui sera basée à Saint Nolff, près de Vannes, qui sera un véritable cluster de la nutrition animale. « Il s'agit de ratisser et pécher des idées dans le monde entier pour alimenter cet incubateur qui aura pour mission de trouver des alternatives aux antibiotiques, travaillera sur le packaging, le graphisme, l'emballage », explique Hubert de Roquefeuil, DGA du groupe et DG d'InVivo Nutrition animale et santé. Le premier coup de pioche va bientôt être donné pour une ouverture à l'été 2015, après un investissement de 4 M€. La division NSA entend par ailleurs participer à la restructuration des filières animales afin que celles-ci se structurent nationalement pour être plus compétitives. « Il faut parvenir à un maillage territorial qui prenne en compte le coût de la logistique, ce qui peut entraîner la fermeture des unités de production d'aliments les moins rentables. Mais si on sait restructurer on recrée des emplois et reprend des parts de marché », espère-t-il. InVivo NSA croit également dans une activité de service et conseils. La division a ainsi été approchée par McDonalds et Lesieur pour leur fournir une aide pour communiquer sur leurs bonnes pratiques dans l'ensemble de la filière qui travaille pour eux.

Toutes ces pistes font partie du plan « InVivo 2025 » que Thierry Blandinières lancera en 2014 et qui sera porteur de ces nouvelles orientations stratégiques.