Les témoignages abondent: le sud viticole est au bout du rouleau. Après plusieurs années de mévente et de stocks qui se sont accumulés, les trésoreries s’épuisent tant dans les entreprises et coopératives de négoce que chez les viticulteurs. Le plus inquiétant, parce que cela montre que la crise va durer, est de voir que les entreprises sont aussi mal en point que les vignerons. Pourtant –et tout consommateur peut lui aussi témoigner–, les progrès de qualité ont été fabuleux pour les régions qui, naguère, produisaient des vins tout juste bons pour la distillation. Alors, que s’est-il passé? Principalement, et de manière structurelle, le maintien d’un éparpillement des metteurs en marché. Une bonne part de ceux-ci n’ont pas été en mesure d’affronter, tant la concentration de la distribution que la mondialisation des marchés et les concurrents du Nouveau monde. Il n’y a pas eu de mise en commun de moyens de promotion. Ce n’est pas la diversité des appellations ni des viticulteurs qui est en cause, c’est le maillon aval, celui qui paie les frais d’approche, de marketing, de publicité, de commercialisation. C’est par un négoce rentable, regroupé et puissant, que les viticulteurs amélioreront leurs revenus (certains croient pourtant que c’est l’inverse). Nos vins sont compliqués et c’est ce qui fait leur richesse. La solution réside moins dans une simplification qui imiterait le Nouveau monde que dans une pédagogie du consommateur, en France comme à l’étranger. Cela demande de l’argent, donc une mise en commun de moyens. Certes, une manifestation pour exprimer son désarroi et un appel à l’Etat se comprend. Mais c’est avant tout en son sein que la filière viticole trouvera la solution à ses problèmes.
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