La Commission l’a encore emporté sur la majorité de 20 Etats membres qui voulaient changer la politique laitière européenne en proportion de la crise qui désespère les producteurs et met à mal toute l’économie de la filière. Le 5 octobre, les 27 n’avaient rien sur la table à discuter et ils ont renvoyé sans états d’âme la question à plus tard et confié à des « travaux d’experts » le soin de trouver des mesures qui pourraient réguler le marché laitier. Que de faux espoirs avaient pourtant été donnés juste avant à Paris ! La même logique continue de prévaloir, quoi qu’en dise le ministre français et quel que soit le poids de ses nouveaux alliés sur ce dossier : elle se résume à expliquer la crise par la seule diminution de la demande en refusant, comme l’exprime le Français Jean-Luc Demarty qui est à la tête de la DG agri (…et bientôt du groupe d’experts qui aura jusqu’en juin pour réfléchir), de faire le moindre lien avec l’abaissement des protections communautaires qui a été l’essentiel de sa politique depuis …1992. Calquée sur la position des pays producteurs du nord de l’Europe, l’allergie de la Commission à toute forme de régulation reste donc tout aussi virulente aujourd’hui qu’en périodes d’eaux calmes (voire de flambée des cours telle qu’on venait d’en vivre). Face aux 20 pays qui veulent du changement, ne serait-ce qu’un geste pour réintroduire des régulations dites « nouvelles », la commissaire (en sursis) à l’agriculture réussit à éluder la question. Elle n’a rien appris… ni rien oublié de son credo. Et son successeur ?
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