Dominique Bussereau a profité du Sial pour reconduire le Conseil national de l’alimentation – le « Parlement de l’alimentation » – pour trois ans, le 23 octobre. Il a suggéré trois thèmes pouvant servir de fil directeur aux travaux du CNA, tous guidés par l’affirmation d’un modèle alimentaire face à la menace de standardisation.
Constitué en 1985, le CNA est une instance consultative, composée de représentants de la production, de la transformation, des consommateurs, restaurateurs, distributeurs et syndicats de salariés. Il peut être interrogé par les ministres de l’Agriculture, de la Santé et de la Consommation, sur des sujets comme l’adaptation de la consommation aux besoins nutritionnels.
« Vous êtes le Parlement de l’alimentation », a déclaré Dominique Bussereau à Philippe Guérin, président du CNA.
Il a suggéré trois thèmes pouvant servir de fil directeur aux travaux du CNA : quels sont les facteurs légitimes qui pourraient être pris en considération pour la régulation du commerce international des denrées alimentaires ? Comment faire pour que le consommateur bénéficie du même niveau de protection sanitaire et qualitative quand il achète des produits de l’UE et produits hors de l’UE ? Comment préserver le patrimoine alimentaire français ?
Santé du consommateur et échanges mondiaux
Le premier thème, notamment, évoque le décalage entre l’UE et les pays émergents dans la prise en compte des préoccupations d’environnement, de teneurs en résidus, de qualité organoleptique. Une dimension qui pourrait davantage trouver sa place à l’OMC, a évoqué le ministre.
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La représentante du ministre de la Santé a mis l’accent sur le déséquilibre économique des marchés alimentaires, qui fait que les fruits et légumes sont de plus en plus onéreux et les produits gras ou sucrés de moins en moins chers. « Le recours à des matières premières bon marché a été particulièrement contesté d’un point de vue nutritionnel », a-t-elle fait observer. « Dans la suite de l’expertise collective sur l’accessibilité des fruits et légumes menée par l’Inra à la demande du ministère de l’Agriculture, le CNA pourrait prendre le relais sur ce dossier», a-t-elle suggéré.
Avec le PNNS 2 (Plan national nutrition santé 2e phase), l’industrie agroalimentaire, la distribution et la restauration collective sont invitées « pour la première fois » à prendre des engagements publics de progrès en matière de composition des produits. La filière des fruits et légumes incite déjà à sa manière les collectivités à prendre des engagements pour rééquilibrer l’alimentation dans les cantines ou restaurants d’entreprises. En outre, un observatoire de la qualité alimentaire sera créé par les ministères de l’Agriculture, de la Santé et de la Consommation, a-t-elle précisé.
Le PNNS 2 proposera dès le début 2007 aux acteurs locaux de signer des chartes d’engagement sur la nutrition dans les cantines.