Biocarburants, épargne « verte », réseaux de chaleur, voiture propre… Le Premier ministre avait placé l’environnement au centre de sa conférence de presse mensuelle le 4 octobre. Au final, quelques annonces de mesures concrêtes, et des déclarations d’intention.
Un « pacte national pour l’environnement ». Voilà ce que Dominique de Villepin a proposé le 4 octobre, lors de sa conférence de presse mensuelle organisée symboliquement à la Villette à l’occasion des 20 ans de la Cité des sciences et de l’industrie. Entouré de plusieurs ministres (Nelly Olin, Thierry Breton, François Goulard, Gilles de Robien) le chef du gouvernement s’est déclaré convaincu que « l’environnement et l’innovation (…) créeront les emplois de demain ».
Sur le fond, ce « pacte national » défendu par Dominique de Villepin relève davantage de la formule politique que du dispositif programmatique structuré.
Taxer le charbon
Le Premier ministre a surtout fait état de ses intentions et de ses souhaits. En matière de biocarburants, Dominique de Villepin a rappelé la volonté du gouvernement de voir 500 à 600 pompes distribuer du biotéhanol E85 en 2007, estimant qu’elles seraient « trois fois plus » en 2008. Si tant est que l’orientation politique survive aux prochaines élections présidentielles… Le Premier ministre a par ailleurs fait part de son intention de mettre en place une taxe sur l’utilisation du charbon, et de voir la France mettre au point un moteur hybride diesel capable d’économiser 30% de carburant. Aucun calendrier n’a cependant été avancé.
Au chapitre des annonces concrètes, Dominique de Villepin a déclaré que le plafond des Codevi sera porté de 4600 à 6000 euros au 1er janvier 2007. L’argent disponible – 10 milliards d’euros selon le gouvernement – pourra être immédiatement mobilisable pour des prêts écologiques. En outre, le Premier ministre a précisé que les crédits de l’Ademe affectés aux réseaux de chaleur renouvelable étaient doublés dans le cadre du projet de loi de finances 2007. Quelque 200 millions d’euros seront consacrés aux réseaux de chaleur, sur 5 ans, « ce qui permettra d’alimenter 600 000 logements en énergie propre », a assuré le chef du gouvernement.
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Un réseau de recherche avancée en agronomie
Enfin, 13 projets de Réseaux thématiques de recherche avancée (RTRA) ont été retenus par le gouvernement. Ces RTRA rassembleront autour d’un noyau dur d’unités de recherche proches géographiquement, une « masse critique de chercheurs » destinés à constituer un « réseau d’excellence ». Parmi les treize RTRA sélectionnés, un se consacre à l’agronomie et au développement durable : celui de Montpellier. Il associe l’Institut national de la recherche agronomique (Inra), le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad) et le grand établissement Montpellier SupAgro, issu du rapprochement des grandes écoles agronomiques de Montpellier (Ecole nationale supérieure agronomique de Montpellier, Centre national d’études agronomiques des régions chaudes, Section des industries agroalimentaires des régions chaudes et Centre d’études pédagogiques de Florac).
Ce réseau comptera 30 unités de recherche regroupant 500 cadres scientifiques auxquels il convient d’ajouter les 80 chercheurs du CIRAD en poste dans l’outre-mer français et étranger.
Réactions mitigées
Au niveau des réactions, le Syndicat des énergies renouvelables (SER) s’est félicité de l’annonce de Dominique de Villepin en matière de réseaux collectifs de chaleur, « même si ce ne sont pas 40 millions d’euros annuels mais 60 pour la seule année 2007 qui permettraient de répondre de façon satisfaisante aux attentes du marché de l’habitat collectif et du tertiaire ». Le SER ajoute que pour augmenter de 50% la chaleur de source renouvelable en 2010, un objectif fixé dans la loi d’orientation sur l’énergie du 13 juillet 2005, « il sera nécessaire de mettre en œuvre de nouveaux instruments plus pérennes et moins sensibles aux aléas budgétaires ».
Les Verts jugent de leur côté qu’il n’y a « presque rien » dans le pacte national pour l’environnement présenté par le Premier ministre, estimant que les mesures « relèvent de l’effet d’annonce et parient pour l’essentiel sur la bonne volonté ». Les Amis de la terre et le Réseau Action Climat ont également fustigé les « petites annonces » du Premier ministre.