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Dommages collatéraux pour la levurerie

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La réforme de l'OCM sucre ne sourit guère, à terme, aux transformateurs de betteraves sauf s'ils se diversifient, bien sûr, vers le bioéthanol et si la filière blé-éthanol reste handicapée par la flambée des cours. Mais qu'en est-il pour les clients de l'industrie sucrière comme l'industrie chimique ou la levurerie qui achètent des sucres industriels et de la mélasse ? Plus encore qu'il y a un an Cf Agra alimentation n° 1952 du 30.11.06, p. 7. Depuis, la levurerie a obtenu le quota d'importation de sucre industriel au prix mondial qu'elle réclamait auprès de la Commission (à hauteur de 200 000 tonnes), mais elle ne semble pas l'utiliser autant que prévu, selon les fabricants français de sucre., la hausse des prix des matières premières agricoles et la concurrence nouvelle que créent les débouchés énergétiques de la biomasse ne font pas du tout l'affaire d'une industrie-clé comme la levurerie européenne. Les entreprises, en particulier françaises, de ce secteur s'étaient mises à utiliser des mélasses achetées sur le marché intérieur européen et voient ce sous-produit se valoriser et partir vers la distillation d'alcool. De même, venant en substitut de la mélasse, dont les prix ont gagné environ 20 % en deux ans, divers sucres industriels et jus de betteraves ont fini par constituer la moitié de l'approvisionnement des levuriers.

Or, aujourd'hui, la façon dont Mariann Fisher Boel propose d'accélérer sa réforme de l'OCM reviendrait à supprimer quasiment toute disponibilité des matières premières nécessaires à la levurerie ; celle-ci va devoir revenir aux achats sur le marché mondial, autrement plus erratique - avec des prix qui ont parfois été bien au-delà de 120 euros la tonne ! Une légère « rémission » est observée pour le moment, concède Gérard Blin, du groupe Lesaffre, président de Cofalec, l'association des levuriers européens, mais elle n'est due qu'au retard pris par certains programmes biocarburants annoncés dans plusieurs régions du monde. Pour les cinq à dix années qui viennent, il y a trop d'inconnues pour que les levuriers européens fassent de nouveaux investissements, surtout s'ils voient que le plan Fisher Boel conduit beaucoup de sucreries à fermer dans les régions les plus productives. En revanche, d'autres pays en profitent comme l'Iran, la Chine ou l'Ukraine. L'Europe, qui détient le leadership mondial avec un tiers de la production, risque de perdre ses positions.

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La nouvelle politique sucrière aura eu raison de plusieurs industries à la fois !